Les prix des matières premières agricoles devraient se tasser dans les années à venir et la volatilité de marché diminuer, mais, dans l'ensemble, les cours vont se maintenir à des niveaux élevés, selon les perspectives publiées par la FAO et l'OCDE pour les dix prochaines années. Le besoin de céréales secondaires pour l'alimentation animale et la production de biocarburants seront les principaux moteurs de la demande mondiale.
LES prix des cultures devraient chuter pendant encore une ou deux années, avant de se stabiliser à des niveaux qui resteront au-dessus de la période pré-2008, mais nettement inférieurs aux récents pics, prévoient la FAO et l'OCDE dans leurs perspectives agricoles pour les dix prochaines années présentées le 11 juillet. Les ratios stocks/utilisation pour les céréales devraient s'améliorer, ce qui devrait apaiser les inquiétudes concernant la volatilité de leur prix, estiment les deux organisations dans leur rapport annuel.
La production des secteurs de l'élevage et celle des biocarburants, qui est appelée à progresser de plus de 50% dans les 10 ans à venir, devrait s'accroître plus vite que celle du secteur des cultures. « Cette modification structurelle de la production agricole mondiale favorisera les céréales secondaires et les graines oléagineuses, dont les tonnages vont augmenter pour répondre à la demande de produits destinés à l'alimentation humaine ou animale et à la demande de biocarburants, au détriment de cultures vivrières de base comme le blé et le riz », analysent les auteurs du rapport.
L'alimentation animale et les biocarburants tirent la demandeEn effet, selon les perspectives de l'OCDE et de la FAO, la production mondiale de céréales devrait augmenter de 15 % d'ici 2023 (+370 Mt), par rapport à la période 2011-2013. Les régions en développement représenteront 60 % de cette augmentation. Une hausse qui sera principalement due à l'amélioration des rendements. C'est la production de graines oléagineuses qui devrait croître le plus vite pendant la décennie à venir (+26 %). D'après ces projections, la demande imputable à l'alimentation humaine devrait s'établir à 1,2 milliard de tonnes en 2023, soit 150 millions de tonnes de plus qu'en 2011-2013, alors que dans le secteur des aliments pour animaux, la demande devrait croître de près de 160 Mt à la fin de la décennie. Après une progression rapide ces dix dernières années, la consommation de céréales secondaires par les fabricants d'éthanol représente actuellement 12 % de la consommation mondiale. Mais un fort ralentissement du développement de l'éthanol à partir de maïs est prévu dans les années à venir, les États-Unis se rapprochant de la limite technique. Le rapport indique que la progression des cultures vivrières sera plus modérée, la production de blé augmentant de 12 % et celle de riz de 14 %, soit beaucoup moins que ces dix dernières années. La production de sucre devrait connaître dans le même temps une hausse de 20 %, concentrée dans les pays en développement.
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Le département américain de l'agriculture (USDA) a révisé à la hausse ses projections de récolte de blé et surtout de soja, dont la production s'annonce très élevée, selon le rapport sur l'offre et la demande mondiale publié le 11 juillet. La production d'oléagineux aux États-Unis est réévaluée de 5 Mt à 113,1 Mt dont 103,42 Mt rien qu'en soja, contre 98,93 Mt le mois dernier et 89,51 Mt l'an passé. Pour le blé, les productions sont également révisées à la hausse à 54,21 Mt contre 52,85 le mois dernier, en réduisant les estimations en blé d'hiver, mais augmentant celles d'été. Les projections mondiales de blé sont également réévaluées de 3,6 Mt à 705,2 M, grâce aux conditions météo favorables sur l'ensemble des grands bassins producteurs, dont l'UE qui génère la plus forte révision (+1,6 Mt) et l'Ukraine (+1 Mt). Les prévisions sont également en hausse pour le Kazakhstan, le Brésil et la Serbie ainsi que l'Australie (+0,5 Mt selon les autorités). Seul le maïs américain est corrigé à la baisse de près de 2 Mt, à 352 Mt, en raison de l'augmentation des surfaces en soja. Mais la production mondiale est réévaluée à la hausse, notamment celle de la Chine et de l'UE.
Pour la viande, les prix devraient s'orienter à la hausse : le bœuf, notamment, pourrait atteindre des records. La volaille va devenir la viande la plus consommée dans le monde devant le porc d'ici 2020. La production de viande de volaille va en effet connaître un bond de 27 % d'ici 2023 (+28 Mt), contre 15% pour le porc (+17 Mt) et 13% pour le bœuf (+ 9 Mt). La plus grande partie de la production supplémentaire de viande bovine proviendra du Brésil. Les pays en développement vont absorber plus de 80% des quantités de produits carnés supplémentaires (plus de 58 millions de tonnes d'ici 2023).
Enfin, les produits laitiers devraient voir leurs cours diminuer par rapport au niveau élevé actuel du fait de gains de productivité dans les pays producteurs. L'Inde devrait au cours de la prochaine décennie détrôner l'Union Européenne, en tant que plus grand producteur mondial. La demande chinoise devrait se maintenir à un niveau élevé, les perspectives de production de lait en Chine ayant été revues à la baisse, en raison du faible niveau atteint en 2012 et 2013.