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Egalim 4 : Inter Rhône avance ses propositions

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L’interprofession des vins AOC de côtes du Rhône et de la vallée du Rhône a présenté ses propositions sur Egalim 4. Elle mise sur la subsidiarité et propose une prise en compte du coût de production à hauteur de 80 % minimum.

« J’entends encore trop, çà et là, une forme de réticence voire d’inquiétude » sur la loi pour l’équilibre des relations commerciales, a indiqué en conférence de presse le 3 décembre le président Philippe Pellaton. « Ce serait une faute professionnelle de ne pas y réfléchir. » Pour rallier le plus grand nombre, Inter Rhône mise sur la subsidiarité, c’est-à-dire permettre à des régions, et même des appellations, de ne pas intégrer le nouveau dispositif. Un principe qui ressort des travaux menés sous l’égide du Cniv (comité national des interprofessions). L’interprofession régionale propose de mettre à disposition ses indicateurs de prix (entre producteur et négociant, au départ du négoce), de coût de production. Il s’agit qu’Egalim 4 prévoie une élaboration du prix tenant compte des coûts de production à hauteur de 80 % minimum. Lesquels sont évalués à 150 euros/hl dans les vignobles des côtes-du-rhône et côtes-du-rhône villages. « On ne peut pas concevoir des contrats passés au-dessous de 120 euros/hl. C’est la mort du producteur », a déclaré le président du Syndicat des vignerons Damien Gilles, soulignant qu’« Egalim est très attendue par la profession ».

Une crise « plus forte » que les précédentes

L’intérêt pour une évolution de cette loi est lié la crise viticole, « plus forte », d’après lui, comparativement aux précédentes. Une hausse sensible des coûts de production est mise en avant par Damien Gilles. Dans les vignobles des côtes-du-rhône et côtes-du-rhône villages, ils ont augmenté, entre 2021 et 2022, de 14 % en conventionnel (à 1 355 euros/ha), de 37 % en bio (à 1 535 euros/ha). Les explications sont multiples. D’abord, le renchérissement des intrants (phytos, engrais, carburants), a cité Damien Gilles. Et de pointer aussi le recours accru à des prestataires externes, plus onéreux : face au manque de main-d’œuvre, les vignerons font davantage appel à des entreprises spécialisées pour certaines tâches (taille, vendanges, traitements pesticides). Enfin, les exigences environnementales : en bio comme en HVE (Haute valeur environnementale), les pratiques nécessitent plus de main-d’œuvre et de matériels spécifiques, augmentant les coûts de production.

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Si le contexte économique est jugé tendu, des signaux encourageants sont malgré tout notés. Les volumes des sorties de chais des vignobles de la Vallée du Rhône affichent une baisse de 7 % sur 2023-2024. Mais la nouvelle campagne démarre mieux. Entre les mois d’août et octobre, les sorties de chais grimpent de 22 % en côtes-du-rhône rouges, de 8 % en rosés. Seuls les blancs reculent de 18 %, après avoir bien résisté en 2023-2024 (+ 6 %).

« On ne peut pas concevoir des contrats à moins de 120 €/hl »