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Entoinnov mise sur l’élevage d’insectes décentralisé

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La société Entoinnov va installer ses premiers bioréacteurs pour l’élevage de larves d’insectes (vers de farine) décentralisé chez un agriculteur début 2026.

Entoinnov, pour "Entomologie et innovation", spécialiste de la production d’insectes décentralisée avec des agriculteurs partenaires, est prêt à développer son outil. « Nous sommes en train de planifier l’installation début 2026 d’une dizaine de bioréacteurs chez un agriculteur en Meurthe et Moselle », annonce Fayçal Ounnas, fondateur et CEO à Agra Innovation. Après plusieurs années de développement et une levée de fonds de 1,5 M€ en 2024, la société fondée en 2021 a développé un bioréacteur breveté en Europe, capable d’automatiser l’élevage d’insectes (vers de farine) de manière durable, à installer directement dans une exploitation agricole. « Les agriculteurs sont ainsi intégrés dans la filière d’élevage d’insectes, plutôt que de dépendre de nous, tout en bénéficiant d’une nouvelle expertise et d’un complément de revenus », explique le dirigeant, dont l’objectif à terme est de structurer une filière d’élevage d’insectes.

Contrairement aux modèles des méga fermes d’élevage d’insectes développés par beaucoup de ses concurrents, Entoinnov est convaincu que « l’élevage d’insectes passe par des modèles à taille humaine. Ceci a notamment pour avantage de diviser les dépenses d’investissements entre toutes les parties prenantes du projet, et chacun a sa part de valeur ajoutée dans la filière. C’est un cercle vertueux, l’agriculteur achète le bioréacteur, nous lui fournissons les œufs au démarrage et lui rachetons les larves au bout de quelques semaines ».

D’autres développements à venir

Une fois installés dans le bioréacteur, les œufs de larves se développent sur les coproduits de l’exploitation et à la fin du processus, les déjections qui ont un apport azoté important, « autour de 4 à 5 %, peuvent être utilisées dans les champs, réduisant ainsi la dépendance de l’agriculteur aux intrants d’origine chimique. Tout est automatisé. L’agriculteur n’a qu’à vidanger et tamiser le bioréacteur à la fin de la période de production », explique encore Fayçal Ounnas. La société vend la majorité de cette production à des producteurs qui vont les engraisser avant de les transformer en farine et/ou en huile, ou les vendre vivants pour l’aquaculture.

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La première ferme décentralisée lancée au début de l’année prochaine avec dix bioréacteurs, aura une capacité de production de 400 millions de micro-larves par mois, soit l’équivalent de quatre tonnes de produits finis par mois. Par produits finis, Entoinnov entend une larve de 8 semaines, c’est-à-dire vendues et engraissées chez ses clients. À terme, Entoinnov compte élargir sa solution de production décentralisée à d’autres insectes, notamment la mouche soldat noire. Il lui faudra pour cela adapter l’algorithme au sein du bioréacteur qui gère la croissance des larves, propre à chaque insecte.

(Perrine Delfortrie, Agra Innovation)

Quatre à 5 % des déjections utilisées par l’agriculteur