Pour la prochaine campagne de vaccination des canards contre l'influenza aviaire, qui démarrera le 1er octobre, le ministère s'est engagé sur une prise en charge de 70%, contre 85% l'année dernière, et sur trois mois seulement.
Le ministère de l’Agriculture a annoncé dans un communiqué le 20 août que l’État « prendra en charge 70 % des coûts générés par les trois premiers mois » de la nouvelle campagne de vaccination des canards contre l’influenza aviaire. Celle-ci démarrant le 1er octobre, cette prise en charge porte donc sur le quatrième trimestre 2024. La prise en charge de l’État était de 85 % pour la précédente campagne 2023-2024. D’après la Coordination rurale du Gers, présidée par l’éleveur de canards gras Lionel Candelon, le gouvernement revient sur la promesse du ministère de l’Économie, faite en juin aux éleveurs du département, de maintenir la participation de l’État. Le syndicat déplore, dans un communiqué, un surcoût global de 37 ct€ par caneton mulard (à foie gras) : 12 ct€ de vaccination et 25 ct€ de participation à l’ovosexage.
Négociations en cours, indique-t-on au Cifog
L’interprofession du foie gras Cifog, interrogée par Agra Presse ce 29 août sur l’évaluation du surcoût de la vaccination, fait savoir que celle-ci et la répartition des coûts est encore en négociation avec l’État. Une rapide estimation demandée à Anvol (interprofession des volailles de chair), par Réussir Volailles, tient compte d’une légère réduction des coûts de vaccination. Selon ce calcul, 27 M€ (sur un total de 90 M€, contre 100 M€ en 2023-2024) seraient supportés par les filières de canards (gras et à rôtir) pour 60 millions de canards mis en place. Le surcoût global serait donc de 13,5 M€ par rapport à la campagne précédente, soit 0,225 €/tête.
Du côté du canard à rôtir, la filière la plus fragile économiquement, le président du Cicar (comité interprofessionnel) déplore également le doublement de la part supportée par les professionnels, ainsi que la non-prise en charge à 100 % pour les accouveurs, que le Cicar réclamait. Guy-Marie Brochard a surtout indiqué à Agra Presse qu’aucune couverture des frais n'est promise au-delà de janvier 2025 par le gouvernement démissionnaire. Un risque de désengagement de l’État, alors que la vaccination des canards protège l’ensemble de l’aviculture, fait-il valoir. Marc Fesneau soulignait, en annonçant la campagne : « Dans le temps, il faut que ce soit pris en charge par la filière. »
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Deux foyers pour ce début de campagne
Pour l’heure, deux cas d’influenza aviaire en élevage ont été circonscrits pour la campagne 2024-205 ayant démarré le 1er août : un foyer confirmé en Ille-et-Vilaine le 13 août, entre Rennes et Saint-Malo, et un second confirmé le 20 août, dans un élevage de 5 650 dindes de l’extrême sud du Morbihan, à Camoël. « Ces deux foyers sont proches de zones où des cas d’IA (influenza aviaire, NDLR) ont été observés sur des oiseaux marins ces dernières semaines, le long de la côte bretonne et normande », souligne un communiqué du ministère. « La biosécurité dans tous les élevages ainsi que la vaccination des canards sont des piliers essentiels et complémentaires de la prévention de l’IAHP », précise la Rue de Varenne.
Innoval (coopérative de services aux élevages) et GDS Bretagne (groupement de défense sanitaire) ont signalé dans un courriel que le niveau de risque restait « négligeable » en France, mais que le pays perdait, au niveau international, son statut indemne. En 2023-2024, la France avait dénombré dix foyers en élevage – et 33 en faune sauvage –, contre presque 400 en 2022-2023 et 1 400 en 2021-2022. Depuis octobre 2023, la vaccination est obligatoire pour les canards dans les élevages de plus de 250 animaux.