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Le label Vergers écoresponsables devient plus exigeant sur le carbone

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Très répandu en fruits à noyau et à pépins, le cahier des charges du label Vergers écoresponsables intègre de nouveaux critères sur le stockage du carbone, la qualité des sols et les économies d’énergie.

L’AOPn Pêche et abricot de France a intégré de nouveaux critères sur le carbone à son cahier des charges du label Vergers écoresponsables, a indiqué sa responsable technique Muriel Millan le 26 avril au salon Medfel à Perpignan. La « nouvelle checklist 2023 » pour les fruits à noyau contient trois nouveaux items pour réduire l’empreinte carbone des vergers. Le premier, obligatoire dès cette année, consiste à broyer les bois de taille et à les laisser au champ. « C’est une pratique qui se faisait déjà, mais on l’a structurée en la mettant dans notre cahier des charges », a expliqué Muriel Millan.

Le deuxième item carbone vise à freiner l’érosion et à favoriser la vie du sol, en limitant à 12 mois maximum le fait d’avoir un sol nu, semé d’un couvert, entre arrachage et replantation d’une même parcelle. Enfin, le troisième item propose de réduire l’empreinte carbone d’un verger en fin de vie en valorisant le bois par broyage, avec restitution au sol, ou par bûcheronnage pour fabriquer litières ou copeaux pour les chaufferies. Ces deux pratiques sont recommandées aux producteurs en 2023 et pourraient devenir obligatoires l’année prochaine.

De recommandation à obligation

« Quand on rentre une nouvelle exigence dans le cahier des charges, on la met en " recommandation ", car on ne peut pas transformer les choses trop vite, il faut des paliers. Par la suite, on passe une recommandation en forme d’obligation, " majeure ", avec 100 % des points qui doivent être remplis, ou " mineure ", avec 75 % des points qui doivent être remplis », a détaillé Muriel Millan.

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Pionnière du label Vergers écoresponsables, l’Association nationale pommes poires (ANPP) a intégré ces trois items sur le carbone à son cahier des charges dès 2022. Elle fera le point « en fin d’année » notamment sur la valorisation du bois des vergers en fin de vie. « On est en train de vérifier si la qualité du bois correspond aux standards attendus par les chaufferies en matière de charge en métaux lourds et de qualité du broyage », a expliqué le responsable technique pour l’ANPP Xavier Le Clanche le 4 mai. « On vérifie aussi si les temps de travail sont cohérents avec un équilibre économique pour cette activité, et quelle organisation logistique il faut mettre en place au niveau des OP ou des bassins pour que ce soit viable », a-t-il ajouté.

Autres nouveautés

D’autres nouveautés, là encore au stade " recommandation ", ont été intégrées au cahier des charges par les deux filières cette année. Les producteurs sont incités à faire une analyse ou un test de qualité biologique du sol (protocole OAB vers de terre, analyse de micro-organismes du sol, méthode des Bait Lamina, méthode du litterbag) au moins tous les cinq ans. Ils sont aussi encouragés à calculer les indices de fréquence des traitements (IFT) dans le cadre du label, ce qui était déjà « suivi par ailleurs auparavant », souligne Xavier Le Clanche. Enfin, les groupements sont encouragés à respecter « au moins trois bonnes pratiques de sobriété énergétique » dans les stations fruitières, parmi une douzaine de préconisations (par exemple : installation de portes automatiques, isolation, nettoyage des condenseurs extérieurs, suivi informatique de la consommation d’énergie…). « Sur certaines mesures, on peut gagner entre 10 et 15 % en économies d’énergie », assure Xavier Le Clanche.

Au-delà du label, l’AOPn Pêche et Abricot de France va calculer l’empreinte carbone d’un kilo de pêches et d’un kilo d’abricots via « une analyse de cycle de vie (ACV) totale, du verger jusqu’au consommateur », avec des résultats prévus « en fin d’année », selon Muriel Millan. Un travail déjà finalisé cette année en pomme et poire, et présenté au Sival. L’AOPn travaille aussi main dans la main avec l’ANPP pour évaluer le rôle du verger comme stockeur de carbone. Il s’agit de « consolider » les connaissances répertoriées par un travail bibliographique via des travaux de modélisation, a indiqué Muriel Millan.

« Réduire l’empreinte carbone des vergers »

« Entre 10 et 15 % en économies d’énergie »