À l’appel de plusieurs organisations du syndicalisme majoritaire, des milliers d’éleveurs se sont mobilisés le 9 mars. Un mot d’ordre centré autour de deux revendications : de meilleurs prix à la production et un maintien des aides de la Pac.
La journée d’action du 9 mars promettait d’être suivie. Elle aura finalement rassemblé « plusieurs milliers d’agriculteurs » déterminés à défendre de meilleurs prix pour les éleveurs et peser sur la future Pac, a indiqué la FRSEA d’Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) le 10 mars. L’antenne régionale du syndicat majoritaire a comptabilisé des actions dans dix-neuf départements du grand Massif central, de la Lozère à la Saône-et-Loire en passant par le Lot ou le Puy-de-Dôme. Dans le Cantal, quatre cents agriculteurs ont bloqué des ronds-points d’accès à Aurillac, Mauriac et Saint-Flour dans la soirée du 9 mars, a constaté l’AFP. Les manifestants ont convergé en tracteur vers la préfecture et les deux sous-préfectures de ces villes où des délégations ont été reçues, selon Delphine Freyssinier, secrétaire générale de la FDSEA du Cantal. « C’est le couvre-feu, mais l’agriculture est en feu », a lancé la représentante syndicale pour expliquer cette mobilisation nocturne et les feux allumés. « La sécheresse a coûté en moyenne entre 30 000 et 50 000 € à chaque exploitation du département. » En Haute-Loire, des éleveurs ont manifesté à l’aube pour « réveiller l’État ». Peu avant 6 heures, une cinquantaine d’agriculteurs et une vingtaine de tracteurs ont déversé lisier, pneus et détritus devant la préfecture du Puy-en-Velay, mais aussi devant les sous-préfectures de Brioude et Yssingeaux, a indiqué à l’AFP Laurine Rousset, présidente des JA de Haute-Loire.
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Craintes sur les aides couplées
À l’origine de cette journée d’action, plusieurs organisations du syndicalisme majoritaire. Dans un communiqué du 4 mars, la Copamac (syndicats majoritaires et chambres d’agriculture du Massif central) appelait à la mobilisation. « Les éleveurs et polyculteurs-éleveurs du grand Massif central se sentent abandonnés dans une crise de l’élevage sans précédent », alerte la Copamac. Les deux sujets de mécontentement ? La « situation extrêmement difficile sur les prix » et les « orientations de la future Politique agricole commune ». Dans le cadre de la déclinaison française (PSN) de la future Pac, les éleveurs craignent une baisse de leurs aides couplées. « L’État veut-il abandonner les éleveurs de ruminants, leurs familles et les territoires qui y sont associés ? », lançait de son côté le Brav (éleveurs de races à viande du Massif central) dans un communiqué le 4 mars. L’appel initial à manifester émanait de la FRSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) de la région Aura. Cette mobilisation, prévenaient-ils le 3 mars, constituait un « ultime appel » aux politiques « avant un réel embrasement des campagnes ». Une menace réitérée dès le 10 mars : « Ce n’est que le début. »