Abonné

Les vendanges très basses suscitent des demandes d'aides

- - 4 min

Les vendanges historiquement basses, dues notamment au gel, sont l’occasion pour la FNSEA de demander au gouvernement des mesures de trésorerie pour cette année. Mais aussi des mesures de moyen terme pour lisser les stocks. Et enfin de profiter des États généraux de l’alimentation pour pousser la contractualisation dans toutes les filières de production, y compris celle du vin, face à la volatilité des productions et des marchés.

Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, et Guilhem Vigroux, président de la commission « viticulture » de la FRSEA d’Occitanie, ont demandé, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 6 novembre à Lattes (Hérault), des mesures pour la viticulture française sur les années 2017 et 2018.

Des mesures pour les mois à venir

« Nous sommes dans l’exceptionnalité. Pour cette raison, 2018 sera difficile pour la viticulture. » Jérôme Despey faisait ainsi allusion aux aléas climatiques, notamment au gel qui a grandement contribué à minorer la vendange française du cru 2017, à 36,9 millions d’hectolitres (Mhl), le plus bas niveau depuis 1945.

Les deux responsables ont cité les mesures de court terme qu’ils attendent du ministre de l’Agriculture, au Sitevi de Montpellier fin novembre : exonération de la taxe sur le foncier non bâti, fléchage de la viticulture dans l’enveloppe d’exonération de cotisations sociales, prise en charge des intérêts des emprunts dus au rééchelonnement des dettes. L’enveloppe d’exonération de cotisations sociales de la MSA est prévue chaque année à hauteur de 30 M€ pour toutes les filières. « Cette enveloppe devrait être au moins doublée pour assurer des prises en charge que je qualifierais de décentes », compte tenu des aléas frappant l’élevage (grippe aviaire, fièvre catarrhale) et cette année la viticulture, a lancé le secrétaire général de la FNSEA.

Mettre en place des outils de gestion des risques

La récurrence des aléas climatiques, confirmée par cette vendange au plus bas niveau, est l’opportunité pour les syndicalistes de demander la mise en place d’outils pérennes de gestion des risques. Ces outils sont la défiscalisation des stocks des vignerons et des caves coopératives, l’amélioration de l’assurance aléas et la généralisation du VCI (Volume complémentaire individuel). Ce mécanisme consiste pour les vignerons à mettre en réserve, lors des années de vendange abondante, un stock de vin non commercialisable, qui peut ensuite être utilisé les années de basse récolte. Et ces volumes complémentaires cumulés pourront être revendiqués en AOC si le rendement de l’exploitation est inférieur au rendement autorisé.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

L’assurance aléas est améliorable, selon Guilhem Vigroux : la moyenne dite « olympique », qui consiste à prendre comme références les cinq dernières années (en excluant la meilleure et la moins bonne), « indemnise correctement quand les aléas ont lieu tous les 15 ans, mais là, la viticulture a connu trois sinistres en cinq ans », a-t-il souligné.

La défiscalisation des stocks quant à elle est attendue, par-dessus tout, parce que des stocks plus étoffés permettraient d’approvisionner de façon plus sûre le marché pendant les années maigres. « Ce qui nous dérange le plus, c’est de ne pas pouvoir alimenter le marché. Un marché est difficilement retrouvé », a commenté Guilhem Vigroux.

Enfin, une stratégie de création de nouvelles retenues afin de stocker l’eau pour absorber les fortes pluies et s’en servir pendant les mois de sécheresse devrait également être déployée, pour gérer les aléas climatiques.

Le troisième sujet est celui de la contractualisation. Cette année d’étiage pour la production de vin relance l’intérêt de ce mécanisme qui garantit débouché pour le producteur et approvisionnement pour l’acheteur, obligeant l’un et l’autre à planifier une partie de leurs transactions. Jérôme Despey a annoncé un projet de filière, mené par le Comité national des interprofessions des vins à appellation d’origine (Cniv). La contractualisation a justement été un sujet de l’acte 1 des États généraux de l’alimentation.

« Ce qui nous dérange le plus, c’est de ne pas pouvoir alimenter le marché. Un marché est difficilement retrouvé »