Stagnation de l’élevage, extension des grandes cultures, essor de la délégation… L’institut national de statistique a produit une synthèse complète des tendances à l’œuvre au sein de la Ferme France depuis le début des années quatre-vingt.
Dans une synthèse inédite des Comptes de l’agriculture publiée le 19 juin, l’Insee recense les dynamiques à l’œuvre au sein de la Ferme France depuis quarante ans. On retiendra notamment que le chiffre d’affaires des productions animales françaises a stagné entre les périodes 1980-1984 et 2022-2024 (+2,8 %), tandis que les productions végétales prospéraient (+36 %). Derrière ces grandes tendances, des évolutions très contrastées : le chiffre d’affaires du vin a progressé de 25 %, mais les volumes de vin ont chuté de 34,4 % (à 42,9 millions d’hectolitres), tandis que les prix étaient presque multipliés par trois. Les ventes de céréales progressent de 30 %, avec des prix qui ont légèrement augmenté (+10 %), tout comme les volumes (+40,9 %) – malgré des surfaces en baisse au profit des oléoprotéagineux.
Dans les filières animales, le chiffre d’affaires des volailles est en hausse (+78 %), tout comme celui des porcins (+40 %) et des œufs, alors que les ventes de lait étaient stables (+0 %), et les bovins s’érodaient (-18 %), tout comme le veau (-57 %) et les ovins et caprins (-60 %). À noter que la filière volaille est sur une tendance baissière depuis le début des années quatre-vingt-dix, et la fin de son « âge d’or ». En quelques années, la filière a subi les conséquences de la fin des farines animales, des restitutions à l’exportation, et plus récemment de l’influenza aviaire.
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Davantage d’investissement
Autre grande tendance : depuis quarante ans, les services à l’agriculture (essentiellement des travaux agricoles) ont vu leur chiffre d’affaires auprès des agriculteurs français progresser de 92,7 %, alors que celui de la ferme France n’augmentait que de 22,6 %. Entre 1980-1984 et 2020-2024, les prix de ces services ont, quant à eux, plus que doublé (+132 %), soit une augmentation légèrement plus rapide que ceux de l’ensemble des biens et services, tous secteurs confondus (+112,1 %), et deux fois plus rapide que ceux de la production agricole (+61 %). Les ventes de services agricoles atteignent ainsi 6,4 milliards d’euros (Md€), soit un peu plus que l’ensemble des ventes de légumes frais, plantes et fleurs (6 Md€) ou que les volailles et œufs (5,5 Md€). Près des trois quarts des travaux sont assurés par des ETA (72,1 %), 17,3 % par des agriculteurs, et 10,6 % par des Cuma.
Sur la même période, l’agriculture a mobilisé davantage de capital (aux dépens du travail), avec un taux d’investissement qui est passé de 21,6 % à 30,4 %. Sur les dernières années, l’investissement était consacré à 53,6 % à l’achat de machines agricoles, 21,2 % aux bâtiments.