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Normal Soupe hygiénise des biodéchets pour la méthanisation

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Le site industriel de Normal Soupe a une capacité de traitement de 40 000 tonnes de biodéchets. Crédits : © Moulinot

Cinq agriculteurs méthaniseurs de Seine-et-Marne et d’Aube ont cofondé avec un industriel une usine de déconditionnement, c’est-à-dire de tri et hygiénisation de biodéchets. L’objectif : alimenter leurs méthaniseurs avec des déchets issus de l’alimentation. 

« Près des grandes villes, on n’a plus d’élevage, mais on a des déchets ». C’est avec ce constat en tête qu’Alexis Lepeu, agriculteur méthaniseur, s’est associé avec plusieurs autres agriculteurs dans la gestion de leurs digesteurs. Les cinq exploitants installés dans l’Aube (Panais énergie à Thennelières et Biogaz GDC aux Grandes-Chapelles) et en Seine-et-Marne (Bassée biogaz à Noyen-sur-Seine, Sénart bio énergie à Réau, O-terres énergies à Ussy-sur-Marne) disposent de méthaniseurs qui absorbent entre 10 000 et 40 000 tonnes d’intrants par an, et fonctionnent en maillage, dans le cas où l’une des unités serait dysfonctionnelle, afin d’assurer un approvisionnement en biométhane. Mais pour rentabiliser leurs méthaniseurs, les agriculteurs souhaitent diversifier leurs intrants, les seuls intrants agricoles pouvant se montrer insuffisants, tant en régularité qu’en tonnage. 

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Les exploitants se sont alors rapprochés de Moulinot, une entreprise spécialisée dans le tri des biodéchets, qui dispose d’une première unité industrielle à Stains, en Seine-Saint-Denis. Après avoir expérimenté les « soupes » produites pour la méthanisation par Moulinot à partir de ces biodéchets (1) les cinq agriculteurs s’associent à l’industriel pour fonder Normal Soupe, à Réau, en Seine-et-Marne, pour un budget total de 4 M€. Mise en route au début de l’année 2023, l’usine a une capacité de traitement de 40 000 tonnes de biodéchets par an. 

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De nouveaux sites à Bordeaux et Angers  

Ces biodéchets sont soumis à un tri mécanique par désemballage, suivi d’un traitement thermique. « Notre machine identifie et trie les matières inertes telles que le plastique, le verre, la ferraille, pour produire des soupes alimentaires directement utilisables dans les méthaniseurs », explique Alexis Lepeu. Les digestats issus du processus sont ensuite récupérés par les agriculteurs pour fertiliser leurs exploitations. Entre les deux sites industriels de Réau et Stains, ce sont 72 000 tonnes de matières fertilisantes qui sont redirigées vers les exploitations de la région. « Nous sommes dans une logique locale et circulaire, pointe l’agriculteur. Les matières sont pondéreuses et encombrantes, nous voulons éviter les flux logistiques sur de longues distances. » Face au succès de Normal Soupe, Moulinot s’est associé avec d’autres agriculteurs du territoire pour fonder de nouvelles usines, à Bordeaux et à Angers. 

 

(1) Ces biodéchets sont issus de restaurants, des invendus de grandes surfaces, d’hôpitaux, de cuisines centrales, mais aussi de particuliers.