Abonné

Pommes de terre : sécheresse et rendements au plus bas depuis trente ans

- - 3 min

Entre la sécheresse et la réduction des surfaces, la production 2026 de pommes de terre de consommation devrait plonger de 23 %, selon les prévisions de l’UNPT (producteurs, FNSEA).

En raison des canicules et de la sécheresse, le rendement moyen des cultures de pommes de terre devrait être le plus faible « depuis plus de trente ans », alerte l’UNPT (producteurs, FNSEA) dans un communiqué le 24 août. Le syndicat prévoit un rendement national moyen d’environ 37,4 t/ha en pommes de terre de consommation, soit une chute de 14 % par rapport à 2025 (-13 % par rapport à la moyenne quinquennale). Le recul de la production nationale devrait être plus prononcé encore (-23 %), car les cultivateurs avaient réduit leurs surfaces de 10 % cette année en raison de la surproduction de 2025. Les aléas climatiques auront aussi un effet sur la qualité, prévient l’association spécialisée de la FNSEA : « récolte plus hétérogène », « calibres plus petits », « teneurs en matière sèche variables », voire « parfois des désordres physiologiques ».

Les prévisions des producteurs apparaissent cohérentes avec celles, plus anciennes, du ministère de l’Agriculture. Dans une note publiée le 7 août, Agreste annonçait un recul de la production de pommes de terre de conservation et demi-saison de 21,5 % sur un an, pour un total de 6,549 Mt. Les pommes de terre de féculerie, elles, subiraient un effondrement comparable (-17,3 %, à 421 000 t).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

production agricole
Suivi
Suivre
pomme de terre
Suivi
Suivre

Vigilance sur la contractualisation

Estimant les pertes pour les agriculteurs à « au moins 400 millions d’euros », l’UNPT demande à l’État « un dispositif exceptionnel de soutien aux producteurs les plus durement touchés ». Plus largement, « le choc économique exceptionnel doit être partagé sur toute la chaîne de valeur », plaide le syndicat, qui réclame notamment « d’adapter, en toute transparence, les volumes contractuels à la réalité de la récolte, dans le respect des engagements de chacun ». En particulier, l’UNPT prévient qu’elle « n’acceptera pas que les producteurs soient contraints de racheter ou compenser à leurs frais sur le marché libre des volumes qu’ils n’ont pas pu produire du fait des conditions climatiques exceptionnelles ». Et d’appeler au « dialogue entre producteurs et acheteurs », particulièrement « au sein des interprofessions CNIPT et GIPT ». Concernant les producteurs français ayant contractualisé à l’étranger, l’UNPT appelle le gouvernement à « engager un dialogue déterminé avec ses homologues européens » au sujet de la contractualisation, afin d’éviter la « multiplication des différends commerciaux ».

YG

Pertes pour les agriculteurs estimées à « au moins 400 millions d’euros »