Pékin annonce la reconnaissance de toutes les AOC bordelaises de vin tranquille, au nombre de 45, ont indiqué le 2 juin le ministère de l’Agriculture français et le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). Jusque là, seules cinq autres indications géographiques étrangères de vins et spiritueux étaient reconnues par la Chine : cognac, champagne, napa valley, scotch whisky et tequila.
Stéphane Le Foll, en déplacement en Chine pour participer à la réunion ministérielle consacrée à l’agriculture par la présidence chinoise du G20 le 3 juin, était accompagné de Bernard Farges, président du CIVB. Ils ont tous deux préalablement rencontré les autorités chinoises chargées de la reconnaissance des indications géographiques, notamment Sun Dawei, vice-ministre de l’Aqsiq. L’Aqsiq, acronyme de « Administration for quality supervision, inspection and quarantine », Administration générale de la supervision de la qualité, de l’inspection et de la quarantaine. Cet organisme est un département de niveau ministériel.
Inscrite dans la loi chinoise, cette reconnaissance de toutes les AOC bordelaises « permet d’augmenter le niveau de protection de nos produits, ce dont bénéficieront les consommateurs chinois », précise le CIVB. À lui seul, le marché chinois compte pour un quart des vins de Bordeaux exportés. En 2015, avec 479 000 hectolitres commercialisés pour 277 millions d’euros, la Chine constitue le premier marché export en volume et en valeur des vins de Bordeaux.
« C’est un pas supplémentaire vers une reconnaissance internationale renforcée de la notion d’indications géographiques qui permet d’allier développement économique collectif, protection du patrimoine et développement rural » en même temps qu’une « reconnaissance méritée de l’excellence de notre viticulture », s’est félicité le ministre.
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Il a salué « la bonne coopération » entre les autorités chinoises et françaises sur les questions sanitaires. Il a plaidé pour que les travaux en cours permettent la levée des embargos encore en vigueur sur les produits bovins, viandes et semences, ainsi que l’aboutissement rapide de l’examen des demandes d’agrément des établissements industriels producteurs de viandes de porc, de charcuteries et de poudre de lait.
Phil Hogan : le G20 agricole met l'accent sur l'innovation et la propriété intellectuelle
Phil Hogan, commissaire européen à l'agriculture, a confié à Agra Presse que le G20 agricole, qui se tient le 3 juin à Xi'an, en Chine, « met l'accent sur l'innovation ». « Nous ne pouvons pas nourrir la planète sans les nouvelles technologies. Au sein du G20, nous échangeons sur la meilleure façon de mettre en œuvre les accords internationaux », commente-t-il. Au sujet de la volatilité, il rappelle que le G20 a mis en place la plateforme AMIS (Agricultural markets information system) en 2011 (à l'initiative de la présidence française, ndlr). Alors que les attentes de la Chine en terme de coopération sont source d'inquiétude en Europe, Phil Hogan explique : « La propriété intellectuelle est cruciale pour nous. C'est pourquoi nous travaillons à un accord sur les indications géographiques avec la Chine. Cela donnera un signal fort aux producteurs, notamment en France ».
MD