Les reliquats d'aide bio sont convoités par le ministère des Finances pour réaliser des économies, rapportent plusieurs sources proches du dossier. La ministre de l'Agriculture a livré sa position de ventilation, proche de celle voulue par la FNSEA.
Selon des sources proches du dossier, les discussions entre les ministères de l’Agriculture et de l’Économie se tendent autour du dossier des reliquats d’aide à la conversion en agriculture biologique (Cab) pour 2025, 2026 et 2027. Bercy souhaiterait mettre la main sur ces fonds européens, estimés à environ 100 M€/an, pour réaliser des économies sur le budget de l’État. La manœuvre consisterait à flécher cette enveloppe Feader non consommée vers l’assurance récolte (dont le cofinancement européen est variable et peut grimper jusqu’à 65 %), pour diminuer la part de co-financement de l’État. Pour l’heure, aucune date n’aurait été fixée pour la réunion interministérielle d’arbitrage, indique une source. Elle est, pour l’instant, attendue fin avril.
Pour rappel, la question de la distribution des reliquats divise les syndicats entre eux, ainsi que les régions qui gèrent les aides à l’installation et à l’investissement. Dans un courrier envoyé fin 2025, la Confédération paysanne et la Fnab (agriculteurs bio) ont demandé que les fonds abondent les Maec systèmes, et que celles-ci soient affectées « en priorité aux fermes biologiques ». Les régions demandent que 50 % des fonds reviennent aux aides à l’investissement. Au Salon de l’agriculture, le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, a demandé que la ministre de l’Agriculture annonce rapidement la répartition des reliquats afin d’adopter des budgets rectificatifs dans les délais fixés pour cette fin de programmation.
Les souhaits de Genevard
Pour les reliquats 2023 et 2024, un peu moins de la moitié était revenue à la bio (108 M€, dont 96,3 M€ pour les éco-régimes bio), un quart aux jeunes agriculteurs, le reste vers l’aide à l’investissement, les MAEC herbagères et zones intermédiaires, ainsi que les aides couplées ovines blé dur et houblon. Pour les années 2025, 2026 et 2027, aucun transfert vers le 1er pilier n’est possible réglementairement. La piste des écorégimes et des aides couplées est donc exclue.
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A l'occasion de l'assemblée générale de la FNSEA, le 2 avril, la ministre de l'Agriculture a indiqué sa position. Annie Genevard souhaite que la majorité du budget aille aux aides à l'investissement, et le reste aux zones intermédiaires et à la bio. Une position qui rejoint celle exprimée par le président de la FNSEA Arnaud Rousseau quelques minutes plus tôt, qui a plaidé pour un soutien à la bio, aux «zones intermédiaires et à faible potentiel via des dispositifs MAEC» et «surtout» vers «l'investissement dans les régions».
MR