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Senseen déploie Nutriscope, son laboratoire de poche

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Philippe Cousin, CEO et fondateur de Senseen présente le Nutriscope. Crédits : © Elena Blum

Senseen a sorti Nutriscope en février 2025, un spectromètre de poche capable de fournir instantanément de nombreuses données sur la santé d’une plante. La start-up travaille à une application de conseil générative, et au déploiement des usages de son scanner. 

Spécialise des solutions innovantes pour l'agriculture, Senseen, fondée en 2020 par Philippe Cousin vient de lancer sa dernière technologie, un laboratoire de poche baptisé Nutriscope. Celui-ci se présente sous la forme d’un petit scanner noir d’une quinzaine de centimètres, dans lequel se trouve un spectromètre. Une feuille est positionnée contre les 44 leds de l’appareil, et en un clic, toutes les informations relatives à la santé de la plante s’affichent sur une application mobile : le redox, ou potentiel d'oxydoréduction, un marqueur de la santé ou du stress d’une plante, mais aussi la teneur en minéraux : azote, potassium, phosphore, manganèse, calcium, soufre, ammonium. Cette technologie est commercialisée depuis février 2025, au prix de 900 €, auquel s’ajoute des abonnements annuels de 300 € et 120 €, pour la captation et l’accès aux données.

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« Nutriscope est calibré pour les grandes cultures, la vigne, la tomate et la pomme de terre, précise Philippe Cousin, CEO de Senseen et inventeur de l’appareil. Si pour le moment, les capteurs n’analysent que les feuilles, nous sommes en train de développer la même fonctionnalité pour les fruits et les légumes. » Objectif : pouvoir évaluer la qualité nutritionnelle d’un produit, ainsi que sa capacité de conservation, pour éviter le gaspillage alimentaire. 

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D’autres applications à l’étude

La start-up planche également sur une application de conseil générative, à l’image d’un ChatGPT interne, pouvant analyser les résultats d’analyse et apporter un conseil personnalisé pour chaque situation. « L’équilibre minéral d’une plante est sensible, pointe Philippe Cousin. S’il manque un nutriment, et qu’on l’apporte en trop grande quantité, cela va déséquilibrer les autres minéraux. » Autre piste de déploiement pour le scanner de poche : l’élevage. Un simple clic sur des urines ou du lait permettrait d’évaluer la santé des bêtes et d’anticiper des soucis de santé bien avant que les premiers symptômes ne se manifestent.

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Depuis quatre mois, et le début de sa commercialisation, Senseen a vendu 130 Nutriscope, pour un tiers à des coopératives ou exploitants agricoles, pour 30 % à des conseillers indépendants, pour 30 % à des fabricants de biosolutions et pour 10 % à des instituts de recherche et d’enseignement. « Cet outil suscite l’intérêt des firmes de biostimulants, car il permet de comprendre finement et rapidement comment ces produits interagissent avec le végétal » ajoute Philippe Cousin. Nutriscope a d’ailleurs été développé en partenariat avec Vertal, fabricant de biosolutions. La start-up, qui a bénéficié de 90 000€ de la BPI à son lancement, se développe principalement via des financements européens dédiés à la recherche.