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Stress hydrique au nord de la France et outre-Manche

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Le déficit hydrique frappe le nord de la France mais aussi outre-Manche. Les précipitations tombées au Royaume-Uni depuis le début du printemps sont historiquement faibles.

Le Royaume-Uni et dans une moindre mesure le nord de la France se préoccupent du déficit hydrique. De ce côté-ci de la Manche, « les enrouleurs sont sortis dès le 1er avril : du jamais vu dans la région », confie Jean-Baptiste Journel, du service agronomique de la coopérative Unéal (Pas-de-Calais). « Il est tombé 250 mm de pluie entre le 1er janvier et le 1er mars et depuis, quasiment rien. » Dans la région, les prévisions météo tablent sur un retour des pluies pour la fin de la semaine. « Une nécessité notamment pour les orges de printemps semées fin janvier », poursuit-il. « Les protéagineux qui arrivent à floraison ont également besoin d’eau : si rien ne tombe, ce sera la catastrophe. Idem pour le lin. Certaines parcelles pourraient même ne pas être récoltées. »

Les cultures d’hiver s’en sortent, à date, un peu mieux même si elles souffrent aussi du manque d’eau. « Les blés et les orges ont une quinzaine de jours d’avance : l’épiaison a parfois eu lieu dès le 20 avril. Les parcelles semées après le 1er novembre – environ 40 % des surfaces – sont le plus pénalisées : les blés sont très courts avec une faible biomasse. » Pour l’heure, l’année ressemble à 2007, 2011 et 2020, qui, au final, ont donné d’assez bons résultats en collecte. « Nous souhaitons rester optimistes. » Si l’état sanitaire des céréales est pour l’instant bon, Jean-Baptiste Journel appelle à la vigilance. « Le retour des pluies pourrait faire exploser la rouille brune si la douceur se maintenait. Il faudra adapter la protection. »

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À peine 80 mm d’eau au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, la situation semble plus alarmante pour les cultures de céréales, de pommes de terre et de betterave à sucre. Selon l’agence de météorologie Met office, il est tombé 80,6 mm de pluie depuis le début du printemps en mars, bien moins que le plus bas niveau historique de la saison qui remonte à 1852 avec 100,7 mm. Il s’agit « jusqu’à présent du printemps le plus sec depuis plus d’un siècle », a indiqué l’agence de météorologie Met office à l’AFP, tout en précisant qu’il fallait encore attendre la fin mai pour confirmer ce record.

L’absence de pluie et un ensoleillement record touchent notamment l’Écosse et le nord de l’Angleterre, où les niveaux des réservoirs d’eau « sont particulièrement, voire exceptionnellement bas », selon l’Agence de l’environnement. Cette dernière a convoqué une réunion de son groupe de travail sécheresse il y a deux semaines et a exhorté les compagnies d’eau à « faire davantage pour préserver les réserves » britanniques. Certains agriculteurs ont commencé à irriguer plus tôt, rapporte le principal syndicat agricole NFU, qui réclame des investissements pour installer des cuves de stockage directement dans les exploitations.

« Le printemps le plus sec depuis plus d’un siècle au Royaume-Uni »