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Un bilan contrasté pour les start-up de l’Agrifoodtech sur la période estivale

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Des levées de fonds réussies pour certaines start-up de l’Agrifoodtech sur la période estivale. Crédits : © Dmitriy / Pixabay

Le cabinet de conseil DigitalFoodLab a fait le point des levées de fonds et autres événements intervenus durant l'été dans les domaines de l'Agtech et de la Foodtech. Si d'importantes levées de fonds ont été annoncées, quelques start-up ont du jeté l'éponge, faute d'avoir réussi à convaincre les investisseurs et d'autres ont déçu les marchés. 

Dans sa dernière note publiée à l’occasion de la rentrée, DigitalFoodLab fait le point sur les dernières opérations dans l’AgrifoodTech depuis la mi-juillet, les bonnes comme les mauvaises. « De manière assez inhabituelle, l'été a été actif en termes d'offres », relève ainsi Matthieu Vincent, le cofondateur de ce cabinet de conseil, qui met ainsi l’accent sur plusieurs levées de fonds, essentiellement américaines, parmi lesquelles : 

  • Le canadien BinSentry a levé 50 millions de dollars mi-août « ce qui est tout à fait remarquable dans le contexte actuel de financement », note l’expert, pour développer sa technologie de capteurs alimentés par l’IA qui améliorent la gestion de la chaine d’approvisionnement des bacs à aliments pour le bétail, tout en supprimant de nombreuses tâches manuelles associées.
  • L’américain The Better Meat Co. a levé 31 M$ mi-août. Un montant que DigitalFoodLab juge « assez impressionnant, d'autant plus dans le contexte des doutes croissants sur le potentiel d'applications des mycoprotéines après une succession d'échecs ». The Better Meat compte poursuivre le développement de sa technologie brevetée de fermentation des mycoprotéines et entamer la commercialisation de son ingrédient Rhiza. Cet ingrédient qui peut être utilisé dans les produits à base de viande et les substituts végétaux, a reçu l'approbation GRAS (Generally Recognized as Safe) de la FDA et de l'USDA.
  • L’américain Hyphen, spécialiste de la production automatisée de repas pour les restaurants a levé 25 M$ mi-août, auprès notamment du spécialiste de la restauration rapide Cava, qui s’est dit « impatient d'investir et de tester des technologies capables d'améliorer, et non de remplacer, l'expérience humaine ». Et Matthieu Vincent de souligner que « c'est la première fois qu'une solution robotique alimentaire suscite un intérêt significatif de la part des leaders établis du marché ».
  • L’américain Geltor, a levé environ 20 M$, la société n’a pas révélé le montant exact) pour développer de nouvelles protéines durables, grâce à la fermentation de précision, pour remplacer les peptides d'origine animale dans les aliments et les cosmétiques.
  • Le britannique Win-Win a levé 3 M£ fin juillet pour développer une alternative au chocolat sans cacao, fabriquée à partir d'ingrédients durables comme le riz et la caroube, utilisant un processus de fermentation et de techniques traditionnelles propres au chocolat telles que la torréfaction, la mouture, le raffinage.
  • Le norvégien Remora Robotics a levé 13,7 M€ mi-juillet pour développer sa plateforme de robots autonomes de nettoyage pour de l'aquaculture.
  • L’américain Farmers Business Network a levé 50 M$ pour développer ses services agricoles et ses solutions de prêt.
  • Le britannique Modern Baker a levé 2,8 M€ pour développer des aliments ultra-transformés plus sains. La société concède sous licence sa technologie à des fabricants pour les aider à créer des produits ultra-transformés présentant de meilleurs profils nutritionnels.
  • Le grec Stiq a levé 20 M€ pour développer son système d'exploitation destiné aux restaurants (prévision de la demande, gestion des stocks, optimisation des opérations...)
  • L’américain Bioconsortia, spécialiste des biofertilisants, a levé 15 M$ pour accélérer la commercialisation mondial de son traitement microbien fixateur d’azote pour semences. 

Des start-up en difficulté

À l’inverse, Matthieu Vincent indique également « avoir observé une augmentation très significative des défaillances au cours des derniers mois. De nombreuses startups qui auraient dû lever des fonds l'année dernière ne l'ont pas fait. Alors que le financement se contracte à nouveau, cela crée les conditions d'un autre semestre morose ». Et le cabinet de conseil de citer notamment les faillites de Planetarians (fermentation de la biomasse) et de NovoNutrients (fermentation du CO2 en protéines), deux start-up qui n’ont pas réussi à boucler leur dernière levée de fonds, « confirmant la baisse continue des investissements dans ce domaine », note l’expert.

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Lire aussi : Les financements dans l'AgriFoodTech au niveau mondial toujours en baisse au premier semestre

Matthieu Vincent souligne enfin la publication de résultats trimestriels décevants de la part de certains acteurs importants, à l’image d’Oatly ou encore de Beyond Meat, celui-ci ayant d’ailleurs dû démentir début août les rumeurs de son placement sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites (l’équivalent de la procédure de sauvegarde en France). Après l’annonce d’une baisse de près de 20% de son chiffre d'affaires net au deuxième trimestre de son exercice en cours, Beyond Meat annoncé avoir pris des mesures pour réduire ses coûts, avec une baisse notamment d’environ 6% de ses effectifs mondiaux. Reconnaissant une restructuration en cours dans une conjoncture difficile, Beyond Meat a souligné que la faillite n'était pas envisagée.