Le vignoble de Bordeaux, premier vignoble AOC de France, a connu en 2024 sa plus faible récolte depuis 1991 en raison de l’arrachage subventionné de parcelles et de faibles rendements liés aux conditions météorologiques, a-t-on appris le 14 février auprès de l’interprofession. Selon les chiffres publiés par l’administration des douanes, les vignerons bordelais ont produit 3,3 millions d’hectolitres l’an dernier, contre 3,8 millions en 2023, soit une chute de 14 % de la production. Cette forte baisse s’explique notamment par le rétrécissement de 103 000 à 95 000 hectares du vignoble, via deux plans d’arrachage successifs qui ont ramené la surface cultivée à son plus faible niveau depuis 1985, loin des 125 000 hectares cultivés au début des années 2000. Il y a eu aussi l’impact du gel, du mildiou, un champignon ravageur causé par les précipitations abondantes du printemps, ou encore de la coulure, maladie qui entrave la fécondation des fleurs apparue avec les pluies de juin. Ces conditions ont affecté le rendement des vignes, à 35,1 hectolitres à l’hectare contre 37,2 en 2023.
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Le CIVB espère toutefois que cette petite récolte remédie en partie à la surproduction qui a frappé le Bordelais ces dernières années, en permettant de vider les chais et de faire remonter le prix du vin en vrac. « Ça devrait arithmétiquement arriver dans les mois ou dans les années qui arrivent », estime le directeur de la communication Christophe Château. « L’année dernière, on a commercialisé 3,5 Mhl et on en a produit 3,3 M. » Reste une interrogation autour du marché américain, premier marché à l’export en valeur pour le Bordelais (340 M€ de chiffre d’affaires en 2024) face au risque de surtaxes douanières. « Si Trump met une taxe de 25 % sur les vins français aux États-Unis, les ventes là-bas vont baisser et donc le déséquilibre va perdurer. »