Agrafil du 14 février 2024

hero

Jachères: la dérogation finalement publiée au Journal officiel de l'UE

Malgré les réticences de quelques États membres, la Commission européenne a adopté le 13 février le règlement permettant de déroger aux obligations de la conditionnalité de la Pac sur les jachères. Lors d’un vote des experts nationaux, le 9 février, aucune majorité qualifiée n’avait pu se dégager sur ce texte (quatre pays ont voté contre et quatre autres se sont abstenus), mais Bruxelles a décidé de quand même le publier. Les États membres qui le souhaitent pourront donc autoriser leurs agriculteurs à utiliser les 4% des terres arables censés être réservés à des éléments non productifs pour y cultiver des légumineuses, des cultures fixatrices d’azote ou des cultures dérobées à condition de ne pas avoir recours à des traitements phytosanitaires. Par rapport à la première version du texte présentée par la Commission européenne, trois éléments ont été modifiés. L’exigence de 7% de surfaces de cultures intermédiaires au total a été ramenée à 4%. Quant au facteur de pondération de 0,3 appliqué aux cultures fixatrices d’azote, il est, lui, porté à 1. Enfin, compte tenu de cet abaissement des exigences de base de la conditionnalité, les agriculteurs allant au-delà pourront prétendre à des éco-régimes. Les États membres pourront modifier leurs plans stratégiques de la Pac en conséquences sans attendre une approbation préalable de la Commission européenne. La mesure s’applique rétroactivement à compter du 1er janvier 2024. Dans un communiqué du 13 février, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau indique que «la France mettra [en œuvre] cette dérogation, conformément aux annonces du gouvernement».

PLOA: la FNSEA veut y ajouter un volet sur la «compétitivité de la ferme France»

Lors d’une réunion avec Gabriel Attal et Marc Fesneau le 13 février, «nous avons dit que nous voulons voir des sujets de compétitivité [dans le projet de loi d’orientation] en plus de l’installation/transmission», a indiqué le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, lors d’une conférence de presse le même jour. «Des propositions ont été faites par le sénateurs» (notamment du groupe LR), «nous aussi, nous avons des propositions», a-t-il ajouté, sans s’étendre sur le sujet. Initialement centré sur le renouvellement des générations (installation/transmission et formation), le projet de loi d’orientation agricole (PLOA) s’est vu ajouter deux volets à l’issue des manifestations de fin janvier, l’un sur la simplification (réduction des délais de contentieux, présomption d’urgence, etc.) et l’autre sur la souveraineté alimentaire (inscription dans le Code rural, etc.). Le texte devrait être soumis au Conseil d’État «avant la fin du mois de février, c’est-à-dire entre la fin de cette semaine et le début de la semaine prochaine», a indiqué le cabinet du ministre de l’Agriculture à la presse le 12 février. Avant cette étape, «les ministres (Fesneau et Pannier-Runacher, NDLR) verront dans la semaine chacune des OPA pour échanger» sur le contenu de la loi.

Simplification: la FNSEA dit avoir obtenu un rendez-vous mensuel avec Attal

«Le Premier ministre a validé le principe d’une rencontre mensuelle» pour «assurer lui-même le suivi» de la simplification administrative, a indiqué le président de la FNSEA Arnaud Rousseau le 13 février en conférence de presse. Le syndicat a rencontré Gabriel Attal et Marc Fesneau dans l’après-midi, en compagnie des Jeunes agriculteurs. «Il est évident que le Premier ministre doit porter politiquement cette simplification», a insisté M. Rousseau. Cette thématique est apparue dès les premières annonces agricoles du Premier ministre, le 26 janvier après les premiers blocages en Occitanie. M. Attal avait alors promis «dix mesures immédiates» et un «mois de la simplification» au niveau départemental. Plus largement, alors que la FNSEA s’inquiète de la lenteur de la concrétisation de l'ensemble des annonces gouvernementales, «le Premier ministre a voulu jalonner le parcours jusqu’au Salon» – qui constitue l’échéance fixée pour plusieurs dossiers –, a ajouté Arnaud Rousseau. «Il a reçu le message 5 sur 5, les choses sont en train de se corriger», s’est-il félicité. Les présidents de la FNSEA et des JA ont enfin indiqué qu’ils rencontreront Emmanuel Macron mardi 20 février, avec la volonté de «l’interroger sur le volet européen» et sur «sa vision pour l’agriculture».

Ecophyto/indicateurs: trois jours de consultation, Générations futures veut un éclaircissement

Le gouvernement a ouvert une «consultation» par courriel «entre le 13 février et le 16 février» sur l’indicateur de suivi et le tableau de bord d’indicateurs complémentaire du futur plan Ecophyto, selon un document partagé par le gouvernement aux membres du COS réunis le 12 février et qu’Agra Presse a pu consulter. Pour rappel, l’indicateur de suivi vise à mesurer l’objectif de réduction de 50% de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques d’ici 2030. Jusqu’à présent, il s’agit du Nodu, mais le gouvernement «ré-ouvre» le sujet en envisageant d’utiliser à la place les indicateurs européens HRI 1 ou F2F1 (De la ferme à la table). Pour l’association Générations futures, très mobilisée sur la question des pesticides, le Nodu doit demeurer «la boussole» du plan Ecophyto si l’objectif demeure de «réduire les usages» de phytosanitaires. «Le HRI1 n’est pas un indicateur d’usage», assène son président François Veillerette, qui est ouvert à une combinaison d'indicateurs. Le document gouvernemental pointe qu’une des «limites» des indicateurs européens est qu’«ils valorisent les retraits de substance, plus que l’évolution des pratiques». «Il y a un éclaircissement à avoir sur la nature du plan, et on voit très bien que le gouvernement n’est toujours pas au clair», poursuit M. Veillerette.

Ecophyto: les filières s’emparent de l’AMI Parsada avec «106 lettres d’intention»

Le gouvernement qualifie de «grand succès» l'appel à manifestation d’intérêt (AMI) Parsada, lancé le 19 décembre et lié aux 14 plans de filières validés dans le cadre d’Ecophyto 2030. Les services de l’État ont reçu «106 lettres d’intention» lors de la première relève qui s’est close le 31 janvier, selon un document partagé aux membres du COS le 12 février. Les huit filières concernées se sont emparées de cet AMI qui vise à réduire la dépendance aux pesticides de synthèse. Et, en premier lieu, la vigne, avec 21% des lettres d’intention reçues, suivie des fruits et légumes (20%). Les projets inter-filières représentent le quart des lettres d’intention réceptionnées. Environ un tiers des projets émanent d’instituts techniques (32%), suivis des entreprises (29%) et de la recherche publique (13%). Les centres d’expérimentation et les chambres d’agriculture comptent chacun pour 8% des projets soumis, et les coopératives pour 4%. Les cellules d’animation chapeautées par les instituts techniques doivent désormais «fusionner les projets similaires» ou les regrouper par «grappes» cohérentes, avant d’enclencher les phases de «rédaction des projets candidats» puis de financement.

Ovins: à Paris, les éleveurs de la FNO mobilisés pour davantage de mesures pour la filière

«Nous lançons un cri d’alerte. Notre secteur est toujours traité comme le parent pauvre de l’agriculture», a déclaré la présidente de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) Michèle Boudoin, le 13 février, lors d’une mobilisation visant à interpeler les pouvoirs publics sur la situation de la filière. La manifestation a démarré au pied des locaux de la FNO, à la Maison des éleveurs, et s’est poursuivie devant le ministère de l’Économie, distant d’une centaine de mètres. Une trentaine d’éleveurs arborant un tee-shirt floqué du slogan «Alerte disparition» sont venus faire entendre leurs revendications. Ils ont été reçus en milieu de journée par une conseillère du ministre. Les éleveurs estiment que les annonces du gouvernement pour répondre à la colère des agriculteurs «ne sont pas suffisantes pour le secteur ovin», indique un communiqué. Ils plaident pour l'activation de clauses de sauvegarde sur les accords de libre-échange. Entre autres revendications, ils réclament «un retour des prêts bonifiés pour l’installation», tout en soulignant que «la production ovine reste en bas de tableau dans le classement des revenus annuels». Le même jour, les producteurs de lait de vache de l’Apli se sont rassemblés sur l’esplanade des Invalides pour demander, eux aussi, une meilleure rémunération. Des briques de lait ont été distribuées aux passants.

Eau: 46% des nappes au-dessus des normales, mais situation «préoccupante» dans le sud-est

Le niveau des nappes phréatiques de France métropolitaine est «satisfaisant» dans une grande partie du territoire, mais s’est «légèrement» dégradé entre décembre et janvier, a annoncé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) le 12 février. Au 1er février, 46% des points d’observation des nappes phréatiques sont au-dessus des normales de saison. La situation est «plus favorable» que celle observée l’année dernière, en janvier 2023, «où 60% des niveaux étaient situés sous les normales». Toutefois, des «niveaux bas à très bas» sont relevés au niveau des nappes inertielles du Sundgau (Haut-Rhin), du couloir de la Saône, mais aussi du Sud-est (Massif central, bordure cévenole, pourtour méditerranéen) et de la Corse. En outre, «les nappes du Languedoc, du Roussillon et de Corse conservent des niveaux en janvier 2024 plus bas qu’en janvier 2023», avertit le BRGM dans son bulletin. Comme à l’habitude, les tendances et l’évolution des situations dépendront essentiellement de la pluviométrie en hiver. «Ce début de recharge hivernale permet d’espérer des niveaux satisfaisants en sortie d’hiver sur une grande partie du territoire», annonce le BRGM, avant de préciser que la situation «devra être particulièrement surveillée sur les nappes du Sud-Est, fragilisées par un étiage sévère et l’absence d’épisodes notables de recharge».

Céréales d'hiver: des semis «en forte baisse » pour la récolte 2024 (ministère)

Dans une note parue le 13 février, le service statistique du ministère de l'Agriculture (Agreste) a estimé les surfaces de céréales d’hiver pour la récolte 2024 à 6,2 millions d’hectares (Mha), soit une baisse de 500 000 ha par rapport aux semis de l’hiver 2022. En cause, «les intempéries fin 2023, avec un cumul de précipitations supérieur de 17% à la normale au dernier trimestre», qui ont «fortement perturbé» les travaux des champs, souligne le ministère. Les surfaces de blé tendre d’hiver sont estimées à 4,36 Mha pour la récolte 2024, en baisse de 7,7% par rapport à 2023 (et de 75 % par rapport à la moyenne 2019-2023). «Après 2020, où les intempéries avaient également conduit à une chute des semis de céréales d’hiver, les surfaces de blé tendre d’hiver sont les plus faibles depuis 30 ans», constate Agreste. À noter que l’ensemble des régions sont concernées par la baisse des surfaces de blé tendre d’hiver. Côté blé dur d’hiver, les surfaces enregistrent une baisse de 8,3% par rapport à 2023 (et de 13,7% par rapport à la moyenne 2019-2023), s’établissant à 210 000 ha. Elles diminuent pour la troisième année consécutive, dans un contexte de tendance baissière depuis 2010. Enfin, même constat pour les surfaces d’orge d’hiver, à 1,3 Mha, en baisse de 6,6% par rapport à 2023, mais proches de la moyenne 2019-2023 (+0,2%).

Bio : forte hausse des surfaces mondiales, mais le marché se tasse dans l'UE

Les surfaces cultivées en agriculture biologique dans le monde ont augmenté de plus de 20 millions d’hectares en 2022 (+26,6%), pour atteindre 96 Mha, selon le rapport annuel du FiBL (Institut de recherche en agriculture biologique), publié le 13 février à l’occasion du salon Biofach de Nuremberg. Une hausse spectaculaire qui s’explique principalement par la conversion en Australie de nombreuses prairies (+17,3 Mha). Dans lʼUnion européenne, la hausse atteint 5,1%, avec au total 16,9 Mha (10,4% de la surface agricole). La France reste le pays de l’UE avec les plus importantes surfaces bio (2,9 Mha), suivie de lʼEspagne (2,7 Mha), de lʼItalie (2,3 Mha) et de lʼAllemagne (1,9 Mha). Du côté du marché, celui-ci s’élève à 135 milliards dʼeuros dans le monde. Les États-Unis sont le premier marché mondial avec 56,6 Md€, suivis de l’Allemagne (15,3 Md€) et de la Chine (12,4 Md€) qui est passée devant la France. Le marché européen a connu une baisse de 2,8% (-5% en France, -3,5% en Allemagne), alors qu’il avait progressé de 4% en 2021.

Souveraineté alimentaire : les députés RN lancent une commission d’enquête

Le groupe du Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale lance une commission d’enquête parlementaire afin d’«investiguer sur la réalité et le devenir de la souveraineté alimentaire française», a annoncé Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, le 13 février. Cette commission – que le groupe lance via son «droit de tirage» (une mission par an) – sera pilotée par le rapporteur Grégoire de Fournas, viticulteur en Gironde. Au cours des six mois d'auditions, la commission compte «recenser les capacités de production» de la France et son «degré de dépendance aux importations», a-t-il précisé, selon l’AFP. Avec le lancement de ces travaux, M. de Fournas souhaite envoyer un «signal fort» aux agriculteurs sur le «soutien indéfectible» du RN, au moment où le gouvernement fait face à la colère du secteur. Il ne s’agit pas des premiers travaux de l’Assemblée sur ce sujet: mercredi 14 février, la commission des Affaires européennes examine le rapport d’information de Charles Sitzenstuhl (Renaissance, Bas-Rhin) et Rodrigo Arenas (LFI-Nupes, Paris) sur la «souveraineté alimentaire européenne». Quant au gouvernement, il a annoncé le 1er février vouloir inscrire cette notion dans le Code rural par le biais du PLOA, ainsi que la publication de rapports annuels sur le sujet.

Vin : les ventes d’AOC de la Vallée du Rhône subissent un «retournement de tendance»

Les ventes de vins AOC de la Vallée du Rhône subissent un «retournement de tendance», a indiqué le 13 février leur interprofession, qui mène différents travaux pour adapter le produit aux nouvelles tendances de consommation. Après un début 2023 «plutôt bon» sur les marchés, l’ensemble des appellations «marquent le pas», a déclaré le président d’Inter Rhône (interprofession) Philippe Pellaton. «On a un vrai retournement de tendance depuis quelques mois.» En grande distribution, les AOP de la Vallée du Rhône parviennent à limiter la baisse des ventes (-2,9%) en 2023 grâce à la bonne résistance des côtes-du-Rhône (-0,5%). À l’export, les vins rhodaniens progressent aux Pays-Bas (+3%), en Norvège (+9%), résistent au Canada (stable), mais souffrent particulièrement aux États-Unis (-19%), au Royaume-Uni (-10%) et en Belgique (-6%). Inter Rhône poursuit son plan stratégique, lancé en décembre 2022. Il s’agit pour les rouges notamment d’évoluer vers des vins plus frais, plus clairs. Une expérimentation est prévue «dès la récolte 2024» sur des produits no/low (sans ou faibles en alcool), a indiqué Philippe Pellaton. Ce plan interprofessionnel à horizon 2035, axé sur le blanc, le rosé et l’export, inclut par ailleurs des travaux sur les effervescents, encore très peu présents dans le vignoble.

Vins et spiritueux : l’export a connu un «atterrissage en douceur» en 2023

Les exportations de vins et spiritueux ont reculé en 2023, un «atterrissage en douceur» après deux années record; mais aussi «une alerte» rappelant «la nécessité constante de s'adapter» aux consommateurs, a indiqué le 13 février la FEVS (exportateurs). Vins, champagnes et cognacs français ont vu leurs ventes à l’étranger reculer de 6% l’an dernier, à 16,2 Md€, après des bonds de 28% en 2021 et de 11% en 2022. L'année 2023 a été marquée par une forte inflation, qui a pesé sur les budgets des ménages, a relevé Gabriel Picard, président de la fédération, dans un communiqué. «Ce fléchissement est une alerte pour nos entreprises» qui «nous rappelle la nécessité constante de nous adapter à une demande évolutive des consommateurs et des marchés», selon lui. Il faut envisager d'autres types de vin, des canettes ou des capsules à vis, a-t-il donné en exemple lors d'un point presse. La hausse des prix des bouteilles exportées a en tout cas permis de limiter la baisse en volume, qui a, elle, atteint 10% en 2023. «On n'a jamais eu un volume de vins exporté aussi bas depuis 2009», a mis en garde Gabriel Picard. Les États-Unis restent de loin les premiers acheteurs d'alcools français, même si leurs importations ont chuté de 22% en valeur.

Vin: vers la neutralité carbone en 2035, les bourgognes s’appuient sur un outil digital

Poursuivant l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2035, le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) va déployer «à partir de mars 2024» une solution digitale, conçue pour calculer les émissions de la filière et proposer des actions pour les diminuer. Deux ans de développement et de test ont été nécessaires jusqu’au lancement, annoncé le 13 février au salon Wine Paris & Vinexpo Paris. C’est le fruit d’un partenariat entre l’interprofession, l'éco-organisme Adelphe et la start-up montpelliéraine Foodpilot. Leur travail concerne huit postes émissifs, comprenant notamment l'emballage (30% du bilan carbone), le fret (13%), la mobilité (26%), la cuverie (5%), la viticulture (11%) et les déchets (moins de 1%). Il s’agit pour les bourgognes de réduire de 60% les gaz à effet de serre, le socle «incompressible» de 40% devant, quant à lui, faire l’objet de compensations, a indiqué Sylvain Nolain, directeur général du BIVB. L’outil Winepilot est conçu pour aider les professionnels à remplir cet objectif. Officiellement présenté le 13 février, la plateforme internet sera déployée en Bourgogne dès le mois prochain, en visant 300 à 400 vignerons dès la première année. «D’autres vignobles testent la solution», a indiqué Frédéric Volle, cofondateur de Foodpilot.

Camembert: la justice annule des injonctions contre la mention «fabriqué en Normandie»

Le tribunal administratif de Caen a annulé, le 12 février, des injonctions de la DGCCRF (Répression des fraudes) demandant aux sociétés Lactalis, Gillot et Isigny Sainte-Mère de se mettre en conformité avec l’interdiction de faire figurer sur l’emballage d’un camembert non AOP des mentions pouvant porter atteinte à la protection de l’AOP camembert de Normandie. L’administration exigeait notamment le retrait des termes «fabriqué en Normandie». Cependant, le tribunal retient que la DGCCRF n’a pas effectué d’examen «au cas par cas» de l’étiquetage des fromages concernés pour «apprécier si les mentions faisant référence à la Normandie, énumérées dans la décision attaquée, étaient, compte tenu de leur agencement ou leurs modalités concrètes d’apposition, de nature à conduire le consommateur à avoir directement à l’esprit le fromage bénéficiant de l’appellation protégée». Or, le Conseil d’État avait entériné en juillet 2022 l'absence d’interdiction «générale et absolue dispensant d’un examen au cas par cas» de l’utilisation de la mention «fabriqué en Normandie». En décembre, la plus haute juridiction administrative a reconnu l’antériorité des marques Le Père Normand et Le Fameux Normand à l’enregistrement de l’AOP camembert de Normandie, dont elles ne font pas partie. Elles peuvent ainsi bénéficier de la «protection des marques antérieures».