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AlgaBiologics cherche des fonds pour monter à l’échelle

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Multiples cultures de microalgues au sein du laboratoire d'AlgaBiologics. Crédits : © AlgaBiologics

AlgaBiologics est spécialisée dans la bioproduction de protéines recombinantes grâce aux microalgues, pour des applications en santé humaine et animale et en cosmétique. La start-up est en cours de levée de fonds pour poursuivre son développement. 

La start-up AlgaBiologics est née à l’issue d’un projet académique démarré en 2008/2009 par Muriel Bardor, sa fondatrice, alors enseignante chercheuse à l’université de Rouen Normandie. « J’ai commencé à réfléchir à l’utilisation des microalgues pour en faire des usines cellulaires de production de protéines d’intérêt pour différents secteurs d’applications. » Après une dizaine d’années de recherches dans le cadre d’un projet financé par la communauté européenne, la société a produit un anticorps modèle dirigé contre le virus de l’hépatite B. « Nous avons réussi à démontrer que nous pouvions utiliser les microalgues, avec une production efficace, pour arriver à des anticorps fonctionnels pour de la thérapie humaine ». 

Forte de ces résultats et devant l’intérêt des industriels du secteur pharmaceutique, Muriel Bardor a donc décidé de fonder AlgaBiologics pour exploiter ces travaux de recherche et la technologie développée à l’université de Rouen Normandie, ainsi que trois brevets exclusifs qui protègent l’utilisation des microalgues pour ce type de bioproduction de protéines d’intérêts, l’un d’eux couvrant en particulier les anticorps. 

Au démarrage d’AlgaBiologics il y a 3 ans, son premier grand jalon était de démontrer que cette technologie fonctionnait à l’échelle. « Nous avons mis en place un premier pilote à l’échelle de 200 litres qui permet de produire des anticorps avec nos microalgues, aussi qualitatif qu’à l’échelle laboratoire. En parallèle, nous avons élargi le spectre d’anticorps produits avec nos microalgues, avec des anticorps ciblant des cancers, des maladies infectieuses ou des maladies auto-immunes », explique la fondatrice. Un nouveau type d’anticorps qui va également permettre à la société de pénétrer le marché de la santé animale, « où il existe déjà quelques anticorps pour soigner certaines pathologies, et notamment la dermatite atopique ou encore l’arthrose ». 

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Une technologie brevetée

« La technologie d’Alga Biolobics repose sur la programmation d’une cellule de microalgue pour qu’elle produise l’anticorps d’intérêt recherché. Ces cellules transformées sont ensuite sélectionnées et mises en culture dans notre fermenteur. Nous récupérons ensuite les anticorps dans le jus de culture, ce qui fait l’originalité de notre procédé, puisqu’on demande à la cellule de microalgue de produire la protéine qui nous intéresse, mais ensuite de l’accumuler dans le jus de culture. Notre production repose sur l’économie circulaire pour générer le moins de déchet possible », détaille la dirigeante.  

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Pour poursuivre son développement, AgraBiologics est en cours de levée de fonds. « Nous cherchons à sécuriser 12 M€, dont 8M€ en equity et 4M€ en non dilutif, auprès de plusieurs fonds d’investissement d’ici la fin 2025. Cet argent nous permettra une montée à l’échelle, grâce à des équipements de fermentation de 2000 litres », détaille cette dernière. En 2023, la start-up avait déjà réalisé une 1ère levée de fonds de 3 M€ auprès de plusieurs Business Angels, parmi lesquels le réseau Angels Santé et 33 Californie, ainsi que de fonds d’investissements, notamment Human For Impact.

Une production moins couteuse 

En parallèle, Alga Biologics est en cours de discussions avec différents acteurs de la santé animale, « pour mettre en place des partenariats sur la base de notre technologie et co-développer de nouveaux anticorps qui pourraient soigner des pathologies d’intérêt pour les animaux domestiques. Concernant les animaux d’élevages, nous pourrions assez facilement développer des vaccins biosourcés, à condition de trouver le bon partenaire », indique encore Muriel Bardor.

Ces codéveloppements permettraient de substituer l’actuelle fabrication d’anticorps à partir de cellules de mammifères par des microalgues et ainsi diminuer considérablement les coûts de production. L’américain Zoetis (9,3 Mrd $ de chiffre d'affaires en 2024), a été le premier à commercialiser des anticorps à visées thérapeutiques pour le marché vétérinaire à partir de cellules de mammifères.

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Pour finaliser ces discussions, AlgaBiologics doit être capable de produire selon les normes réglementaires pharmaceutiques. « Nous avons commencé les discussions avec l’agence réglementaire française, l’ANSM (l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, ndlr) sur la base de notre démonstrateur actuel d’anticorps pour la santé humaine, sachant que cette validation vaudra également pour la santé animale. Nous espérons faire des productions de lots homologués fin 2026, début 2027 », termine-t-elle.