En déplacement dans une ferme le 30 janvier, le Premier ministre a dit vouloir inclure dans les lois à venir un dispositif pour tenter d’empêcher les importations des pays tiers en restauration collective.
« Reprendre complètement en main la commande publique » pour exclure les importations des pays tiers de la restauration collective. C’est ce qu’a annoncé Sébastien Lecornu le 30 janvier lors d’un déplacement dans une exploitation agricole à Baigneaux (Eure-et-Loir). « Il est impensable que, pour l’ensemble des marchés publics à venir, il y ait des matières premières agricoles alimentaires qui viennent d’en dehors de l’Union européenne », a-t-il lancé.
Dans son discours, M. Lecornu a dit vouloir « récompenser ou punir les acheteurs en fonction de ces objectifs » de non-importation en provenance des pays tiers. « Nous l’inscrirons dans les lois à venir de décentralisation comme dans la loi d’urgence agricole », a-t-il précisé. Une « forme de radicalité » que le locataire de Matignon a justifiée par les tensions géopolitiques et le basculement dans « un monde beaucoup plus brutal ». M. Lecornu a jugé « surréaliste » le décalage entre la « guerre commerciale sous nos yeux » et une « pratique [française] de la commande publique sympathique, avec des objectifs de bio, de produits de qualité ». Une orientation « revendiquée », mais « qui n’est plus du tout à la maille », pour lui.
Planifier la production pour mieux fournir les cantines
Cette annonce intervient après des prises de position de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de plusieurs départements, qui ont dit vouloir interdire les produits du Mercosur dans les cantines qu’ils gèrent. Le 17 janvier, l’UE et le Mercosur ont signé un accord commercial prévoyant notamment d’importants contingents d’importation de viande bovine et de volaille. Ces dernières années, c’est surtout avec les États membres de l’UE que le solde agroalimentaire français s’est creusé, les pays tiers intervenant dans une moindre mesure. Sébastien Lecornu a toutefois exclu d’aller jusqu’à la « préférence nationale », qualifiée d’« hérésie » en raison de la vocation exportatrice de la ferme France.
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En matière d’origine, « l’État est largement mauvais élève », a admis le Premier ministre le 28 janvier. Les restaurants gérés par l’État (universités, armées, etc.) achètent chaque année entre 900 M€ et 1 Md€ de produits alimentaires. Sur cette somme, M. Lecornu a reconnu ne pas pouvoir préciser la part de l’origine France, ni même européenne. L’exécutif veut pousser l’origine France en restauration collective. Sébastien Lecornu espère que la planification – via notamment les « contrats d’avenir » proposés par les JA (1) – permettra de « produire de manière régulière, prévisible dans les quantités agréées et contractualisées » et d’être « capable d’avoir les outils de transformation ».
YG