Abonné

Conseil Agriculture : la situation des marchés agricoles, principales inquiétudes des discussions

- - 6 min

Les ministres de l’Agriculture se retrouvent le 15 novembre pour un Conseil Agriculture et Pêche au cours duquel ils échangeront principalement sur la situation des marchés agricoles. Les États membres devraient exprimer leurs inquiétudes concernant la hausse des prix du gaz, des engrais et de l’alimentation animale qui fragilise la situation économique des agriculteurs. D’autres sujets seront à l’ordre du jour : l’adoption des conclusions sur la stratégie forestière, la présentation par la Commission de son nouveau Plan de gestion de crises alimentaires ou encore la présentation de la position de l’UE dans le cadre des négociations agricoles à l’OMC.

  • Marchés agricoles : une situation fragile

Réunis dans le cadre de la réunion du Conseil le 15 novembre, les ministres de l’Agriculture de l’UE auront un échange de vues sur la situation des marchés agricoles et notamment sur les principaux problèmes actuels rencontrés par les États membres : la baisse de la demande de viande porcine, la hausse des prix du gaz naturel entraînant des prix élevés pour les engrais et les prix élevés des céréales pour l’alimentation du bétail. Ces points ont notamment été discutés par les experts agricoles des Vingt-sept dans le cadre du comité spécial Agriculture du 8 novembre.

Dans sa note préparatoire en vue du Conseil, la présidence slovène souligne la vulnérabilité de la situation actuelle avec une flambée des prix de l’énergie, en particulier du gaz naturel en Europe, qui atteignent de nouveaux sommets et ont une forte incidence sur les prix des principaux intrants agricoles, notamment les prix des engrais qui ont presque doublé en un an. L’indice des engrais de la Banque mondiale de septembre 2021 était supérieur de 77 % à celui de 2020. D’autre part, elle indique que les prix élevés de l’énergie, associés à la perturbation des chaînes d’approvisionnement causée par la pandémie de Covid-19, ont augmenté les coûts de transport et ont ajouté aux tensions sur les marchés des matières premières.

Pour certains secteurs, comme celui de la viande porcine, la situation est particulièrement préoccupante compte tenu de l’offre excédentaire actuelle sur le marché de l’UE, qui est responsable de la poursuite de la baisse des prix dans un contexte de coûts élevés des aliments pour animaux. Toutefois, la présidence explique que la situation pourrait s’améliorer d’ici la fin de l’année en raison du ralentissement de la hausse de la production. L’augmentation des exportations vers plusieurs destinations devrait notamment continuer à compenser la réduction des exportations vers le Royaume-Uni, précise-t-elle. Sur ce point, la Commission européenne a expliqué le 9 novembre, devant les eurodéputés de la commission de l’Agriculture, qu’elle devait discuter avec les ministres dans le cadre du Conseil, de la possibilité de recourir à des mesures de soutien eu égard à une importante compression des marges des éleveurs porcins. Bruxelles a également indiqué qu’il était crucial que le secteur réduise à court terme sa production.

D’une manière générale, la présidence explique qu’une grande majorité d’États membres ont fait part de leurs inquiétudes sur cette situation en raison d’un renforcement des pressions inflationnistes (énergie, matières premières, engrais et le fret). Malgré l’optimisme de la Banque centrale européenne, elle prévient qu’il faudra suivre de près l’évolution du marché.

  • Stratégie forestière critiquée

Outre leur échange de vues sur la situation des marchés agricoles, les ministres de l’Agriculture de l’UE adopteront également à cette occasion leurs conclusions assez critiques sur la stratégie forestière de l’UE proposée par la Commission européenne.

Lire aussi : Stratégie forestière : les Vingt-sept préparent un projet de conclusions très critique

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

  • Plan de gestion des crises

La Commission de Bruxelles présentera également aux ministres son nouveau Plan d’urgence pour assurer l’approvisionnement et la sécurité alimentaires en temps de crise. Le secteur est déjà bien préparé pour faire face aux crises mais des améliorations peuvent encore être apportées, estime Bruxelles qui va proposer d’établir un nouveau forum chargé de lui faire des recommandations, notamment afin de réduire la dépendance de l’UE aux importations de soja.

Lire aussi : Crises alimentaires : la Commission européenne veut encore renforcer la résilience du secteur

  • OMC : peu d’espoir

Un point sera fait sur la position de l’UE pour la douzième conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra du 30 novembre au 3 décembre. Une négociation au cours de laquelle la Commission européenne n’attend pas de grandes décisions, si ce n’est sur la transparence des marchés.

Lire aussi : OMC : un texte final sur l’agriculture espéré mi-novembre

  • Collaboration UE/États-Unis

La Commission européenne devrait également informer les ministres des Vingt-sept sur la récente signature d’un arrangement administratif trouvé entre la DG Agri et l’USDA visant à renforcer la collaboration avec les États-Unis autour des principaux défis agricoles mondiaux et en particulier la durabilité et l’adaptation au réchauffement climatique.

Lire aussi : Agriculture durable : Bruxelles et Washington créent une plateforme commune de collaboration

  • De la ferme à la table, abeilles, volcan et loups

Des informations seront également communiquées sur la conférence annuelle sur la stratégie De la ferme à la table qui s’est tenue les 14 et 15 octobre et sur la semaine européenne des pollinisateurs fin septembre.

Lire aussi : Néonicotinoïdes : Bruxelles veut une tolérance zéro sur les résidus dans les importations

Enfin, l’Espagne informera le Conseil sur les conséquences pour le secteur agricole de la récente éruption volcanique survenue sur l’île de La Palma et sollicitera le soutien de Bruxelles. La Slovaquie, soutenue par les délégations autrichienne, tchèque et finlandaise, fera, elle, part de ses difficultés dans la gestion des populations d’ours bruns et de loups.