Abonné

Crise viticole : le Modef réclame un préfet coordinateur

- - 3 min

Dénonçant une gouvernance de la viticulture « à bout de souffle », le Modef demande la désignation d’un préfet coordinateur. Le syndicat prône un retour des droits de plantation.

« Nous demandons la nomination d’un préfet coordinateur pour la viticulture, parce que la gouvernance (du secteur) est défaillante », a déclaré le 18 octobre en conférence de presse le secrétaire général Didier Gadéa. L’organisation prône le retour des droits de plantation, supprimés par la réforme de l’OCM (Organisation commune de marché) vin en 2008 : « Nous l’avions alors dénoncée, mais l’ensemble de la profession et les syndicats agricole l’avaient approuvée. » Le Modef fustige une « gouvernance de la viticulture (en) total échec après des décennies d’arrachage de vigne, de replantation ». « Les seuls à profiter de cette situation, ce sont le négoce et la GMS », considère Didier Gadéa. Le Modef critique l’actuel plan d’arrachage : « Un plan social de plus, qui montre la faillite de la politique viticole française et européenne, porté par des représentants professionnels voués au culte du marché. » Quant à l’aide de 4 000 euros par hectare, « cela couvre à peine les frais ». « La profession explique qu’il faudrait arracher 100 000 hectares (retrait de 5 millions d’hectolitres) pour équilibrer le marché. Mais en même temps elle veut garder les autorisations de plantation qui potentiellement augmenterait la superficie de 30 000 hectares par an en Europe… cherchez l’erreur ! »

Des prix planchers garantis par l’Etat

Autre revendication phare, la mise en place de prix planchers. « Nous demandons une modification de l’article L 632-1 du code rural : le législateur doit introduire la notion de prix planchers rémunérateurs garantis par l’Etat, à partir desquels les négociations des prix et volumes pourront commencer », soutient Didier Gadéa. Le Modef réclame 100 €/hl pour les vins de table, 160 €/hl pour les vins IGP, 200 €/hl pour les vins AOP et 260 €/hl pour les vins biologiques. Une mesure que le syndicat souhaite voir assortie de l’instauration d’un acompte de 15 % pour chaque contrat signé. Enfin, il exige « une loi anti-trust pour casser le monopole privé des négociants en vin ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

plantation
Suivi
Suivre

« Les prix du vin sont beaucoup trop bas », dénonce Didier Gadéa. Exemple, un vigneron producteur d’IGP Pays d’Oc a été payé 80 €/hl en 2023 pour du vin rouge, d’après lui. Cela représente 7,4 centimes par verre. « Pour vivre dignement, le prix devrait être au minimum le double », affirme-t-il. Et de ressortir les chiffres de sa propre coopérative à Montagnac (Hérault). En 1998, la cave payait 84 €/hl pour du vin IGP merlot, quand les frais de vinification représentaient 6 €/hl. En 2023, le prix du vin descendait à 78 €/hl, pour des frais de vinification atteignant 17 €/ha. « Je gagne moins qu’il y a 25 ans. Ça n’est pas possible. »

« La gouvernance de la viticulture est un total échec »