L’année 2024 est marquée par des prix en hausse pour les terres et prés, en baisse pour les vignes avec de forts écarts entre régions. La FNSafer note aussi une urbanisation qui continue de ralentir.
Le marché du foncier agricole a connu une année 2024 « très contrastée », a indiqué en conférence de presse le 22 mai la FNSafer, montrant via son observatoire une poursuite des tendances de prix. En hausse « mesurée », les terres et prés libres s’affichent à 6 400 €/ha, soit + 3,2 %, la troisième augmentation de suite. Cette évolution est plus sensible en zone d’élevage bovin, à 4 790 €/ha (+ 3,3 %), dans un contexte de prix à la production qui se stabilisent à des niveaux supérieurs aux moyennes. Les zones de grandes cultures grimpent à 7 820 €/ha (+ 1,4 %). Une deuxième hausse consécutive est observée pour les terres et prés loués, à 5 220 €/ha (+ 2 %).
De leur côté, les vignes AOP décrochent à 176 400 €/ha (-1,1 %). Mais des trajectoires s’opposent, entre une deuxième année de baisse pour trois bassins touchés par une crise profonde du vin rouge et pratiquant l’arrachage (Bordeaux-Aquitaine à -18,4 %, Sud-Ouest à -9,1 %, Languedoc-Roussillon à -5,1 %) et une hausse marquée en Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura (+ 11 %). Le recul du prix des vignes à eaux-de-vie AOP, amorcé en 2023 (- 6,4 %), s’accentue en 2024 (- 9,8 %), dans un contexte économique incertain. Enfin les prix des vignes IGP et sans IG connaissent une deuxième année de baisse, à 13 800 €/ha (-7 %), tous les bassins subissant la même tendance, hormis la Corse.
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L’urbanisation au plus bas depuis 30 ans
Autre constat marquant : un nouveau recul des ventes de biens à usage ou vocation agricole pour l’urbanisation, à un « plancher inédit en 30 ans ». « La trajectoire de baisse de la consommation de foncier agricole est bien enclenchée », a considéré le 22 mai le président de la FNSafer Emmanuel Hyest. C’est en effet une troisième diminution consécutive qui est intervenue en 2024 pour les surfaces destinées à l’artificialisation. Elles sont tombées à 10 400 ha (-19,4 %) l’an dernier. Leurs ventes ont ainsi été divisées par 3,2 en trois ans. La FNSafer y voit « un effet de l’objectif Zan », à savoir zéro artificialisation nette des sols en 2050 comme le prévoit la loi Climat et Résilience de 2021. Une autre explication tient au contexte macro-économique défavorable, entre inflation, augmentation des coûts de construction, taux d’intérêt à un niveau encore élevé, selon Loïc Jegouzo, du service Etudes, veille et prospective.
Mais le foncier agricole est « toujours sous pression », a-t-il poursuivi, évoquant de « multiples concurrences ». « On voit des détournements croissants », soit par la consommation « masquée », termes désignant l’achat de terres agricoles pour d’autres utilisations, soit par les baux emphytéotiques.