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Gestion des risques : à la recherche de fonds pour l’assurance et l’investissement

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À la fois renforcer les dispositifs assurantiels et faciliter l’investissement des agriculteurs dans l’adaptation au changement climatique. C’est l’un des objectifs du commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen qui cherche des financements pour y parvenir, notamment auprès de la BEI.

Face à la multiplication des aléas climatiques, les agriculteurs « ont besoin d’assurances plus abordables, d’un accès aux investissements pour l’adaptation au changement climatique et d’une Pac réactive pour les soutenir lorsqu’ils en ont le plus besoin », a indiqué le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, le 20 mai en ouverture d’une conférence sur les assurances et la gestion des risques organisée par la DG AGRI et la Banque européenne d’investissement (BEI). Dans un rapport présenté à cette occasion, celle-ci évalue à 28,3 milliards d’euros la perte annuelle moyenne de production agricole de l’UE (soit environ 6 %) dont la moitié serait liée au climat (sécheresse, canicule, gel, inondation…). Et d’ici 2050, ces pertes pourraient augmenter de 42 % à 66 %. « Un chiffre alarmant », a pointé Christophe Hansen. Or aujourd’hui, seuls 20 % à 30 % des pertes liées au climat sont assurées par des systèmes publics, privés ou mutualistes. Insuffisant pour la BEI qui constate « un déficit considérable de protection pour certaines cultures et certains risques climatiques, car l’assurance n’est pas toujours disponible ou abordable ». Elle préconise aux institutions de l’UE d’utiliser au mieux les marchés du capital-risque, notamment la réassurance, pour compléter les ressources en période de crise. Mais, prévient Christophe Hansen, « l’accès à l’assurance est certes important. Toutefois le secteur a également besoin d’investissements importants pour rester durable et résilient grâce à des pratiques agricoles modernes, tout en conservant son rôle de créateur d’emplois et de croissance ».

L’accès au crédit se complique

Car au-delà des pertes de récolte exceptionnelles liées à des catastrophes naturelles, les pertes plus faibles mais aussi plus fréquentes généralement inférieures aux seuils d’indemnisation « affectent aussi la santé financière des exploitations agricoles dont les marges et les réserves risquent de s’éroder progressivement », estime la BEI. Une situation qui complique l’accès au crédit. De plus, les réformes en cours de la réglementation financière relative aux risques climatiques visent à renforcer la résilience du système financier, pourraient aussi restreindre l’accès au crédit et augmenter les coûts pour les agriculteurs.

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Christophe Hansen en est conscient. Il compte « faciliter l’investissement des agriculteurs dans l’adaptation au changement climatique et la prévention, par exemple, en réduisant les obstacles tels que les coûts d’emprunt élevés et la perception des risques liés à l’agriculture ». Autant de dispositifs qui demanderont des soutiens publics. Dans sa récente proposition de simplification de la Pac Bruxelles propose la création de fonds nationaux dédiés aux risques climatiques. Et la Commission européenne devrait présenter le 16 juillet – en même temps que le projet de cadre financier pluriannuel pour 2028-2034 – sa proposition de réforme de la Pac post-2027.