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L’adaptation des vignobles au climat de demain au cœur du projet Vitiflux

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Les données collectées par la tour à flux serviront à affiner le modèle STICS. Crédits : © Julien Giraudo

Confrontés aux aléas causés par le changement climatique, les viticulteurs de Bourgogne et de Champagne ont lancé le projet Vitiflux pour mieux comprendre le stockage du carbone dans les parcelles et adapter la viticulture à un climat en plein bouleversement.  

Pour respecter l’objectif que s’est fixée l’interprofession viticole de Bourgogne d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2035, ses viticulteurs veulent améliorer le stockage du carbone dans leurs sols. C’est le but du projet Vitiflux, en coopération entre le BIVB et le Comité Champagne (CIVB), afin d’aider les viticulteurs de Bourgogne et de Champagne à s’adapter au changement climatique et séquestrer un maximum de carbone dans les parcelles viticoles. Julien Giraudo, doctorant à l’université de Bourgogne, mène le projet dans le cadre de sa thèse, qui court jusqu’en 2028. 

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La parcelle étudiée, un hectare de Pinot Noir, se situe sur la commune de Rully, au nord de la Saône-et-Loire. Par bien des aspects, le doctorant la juge assez représentative des pratiques viticoles locales. « Nous sommes sur une parcelle de vigne basse, avec des inter rangs enherbés en permanence et entretenus par de la tonte, à forte densité avec 9000 pied à l’hectare, sans effeuillage, avec des vendanges mécaniques et brûlage des sarments sur la parcelle », détaille-t-il. Pour suivre au plus près les flux de carbone de la parcelle, elle a été dotée d’une tour à flux, chargée de mesurer les flux de carbone et les flux hydriques, mais aussi des données météo comme la température, la vitesse et la direction du vent et les précipitations. « Il ne s’agit pas de seulement regarder la séquestration carbone à l’échelle du sol, mais à l’échelle de l’écosystème de la parcelle en prenant en compte les vignes, l’enherbement, etc… », explique le doctorant. En plus de détecter une éventuelle variabilité intra-annuelle, le projet va aussi se pencher sur l’influence de pratiques comme le labour. 

Vers un OAD pour les viticulteurs 

« Aujourd’hui, on cherche à savoir ce qu’on peut faire en termes d’itinéraire technique pour atteindre la neutralité carbone et limiter les dégâts liés au stress hydrique, et plus tard, dans une dynamique de projection, savoir quelles pratiques devront être modifiées », explique Julien Giraudo. « Ces mesures ne sont que la première étape. Avec le modèle que nous allons construire et affiner, nous pourrons distinguer l’impact des pratiques, du sol et du climat. » 

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L’objectif est de calibrer un modèle agronomique existant, STICS, grâce aux données de la tour à flux. Une fois qu’il sera capable d’estimer les valeurs de flux de carbone et d’eau pour différents contextes pédoclimatiques au sein des régions Bourgogne et Champagne, il sera possible de « voir si les pratiques identifiées précédemment comme étant les plus favorables pour stocker du carbone et limiter le stress hydrique fonctionnent toujours dans un monde plus chaud, dans 100 ans par exemple », glisse Julien Giraudo. 

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« L’idée est que les interprofessions impliquées, BIVB et CIVB, se servent du modèle STICS pour développer un Outil d’aide à la décision (OAD) pour aider les viticulteurs et leurs conseillers. »  Le doctorant espère que ce projet donne « des idées à d’autres régions viticoles, dans le prolongement de ce qui s’est fait en Bourgogne et en Champagne ».