Dans une note qu’Agra a pu consulter, le centre technique fruits et légumes donne plusieurs pistes pour amender le volet fertilisation de la HVE version 4, difficile à acquérir par les maraîchers.
Sujet d’inquiétude pour les producteurs de légumes, le volet fertilisation du référentiel HVE version 4 a fait l’objet d’une note d’expertise du CTIFL demandée par Interfel et publiée le 29 octobre, document qu’Agra a pu consulter. Le centre technique présente plusieurs scénarios : le premier est de revoir, dans le bilan global azoté (BGA), la table des exportations d’azote (ce qui nécessiterait deux ans d’acquisition de données) ou de les remplacer par les besoins des cultures légumières. En parallèle, les cultures hors-sol seraient passées en « cultures mineures » non-soumises au BGA. Deuxième scénario proposé : basculer l’ensemble des cultures légumières en « cultures mineures », ce qui « pourrait être rapidement mis en œuvre, avant la fin de l’année ». Dernier scénario : faciliter l’obtention du critère fertilisation en assouplissant d’autres conditions (items), actuellement inaccessibles aux cultures légumières. C’est le cas notamment de l’item 3 « Part de l’azote organique apporté ». Le CTIFL propose que les restitutions des résidus de culture à la parcelle soient comptabilisées comme des apports d’azote organique. Par ailleurs, le centre technique prône l’intégration de certains légumes (flageolet, petit pois haricot vert, pois mangetout) dans le compte de la part des légumineuses dans la SAU.
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Risque de forte baisse des volumes
La mise à jour des indicateurs HVE, avec la sortie de la version 4 fin 2022, rend l’obtention de la certification très compliquée pour certaines exploitations légumières. Légumes de France (producteurs, FNSEA) avait récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’impact de ce volet fertilisation pour l’avenir des productions maraîchères, craignant que cela fasse sortir du dispositif « 95 % des productions actuellement sous HVE » (fraise, carotte, poireau, tomate, mâche…) avait indiqué à Agra, Cyril Pogu, co-président. Le rapport d’expertise du CTIFL confirme : « Globalement, les exploitations légumières peinent à obtenir les dix points nécessaires pour l’indicateur fertilisation. Une baisse substantielle, entre un quart et un tiers du nombre d’exploitations certifiées, est attendue par la filière pour début 2025 avec l’entrée en vigueur de la nouvelle version. » Selon lui, cela pourrait représenter jusqu’à 70 % des volumes de légumes (fraise inclus), qui sortiraient de la certification sans la possibilité d’accéder cette nouvelle version 4. L’avenir des propositions du CTIFL est aussi lié à la relance du groupe de travail « fertilisation » de la commission nationale de la certification environnementale (CNCE), fermé subitement le 9 octobre.