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Les recherches Inrae au plus près des problèmes des agriculteurs

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Grâce à la recherche (Inrae/IFV), de nouvelles variétés de vignes résistantes au mildiou et à l’oïdium ont été obtenues par croisements naturels. Crédits : © Pixabay - Tama66

En réponse à un mouvement de défiance de certains agriculteurs contre plusieurs institutions publiques, Philippe Mauguin, patron d’Inrae a pris le temps de rappeler que l’institut ne produisait pas la réglementation, mais que ses chercheurs travaillaient en revanche avec les agriculteurs pour répondre à leurs problématiques. En voici quelques exemples.   

Accusé de ne plus leur « donner des moyens » de produire et de leur imposer toujours plus de « contraintes », Inrae n’a pas échappé le 28 novembre 2024 à la colère de certains agriculteurs contre plusieurs institutions publiques (le ministère de l’Environnement et l’Anses). Pourtant, Inrae est « à l'écoute et en appui du monde agricole », s’est défendu Philippe Mauguin récemment reconduit à la tête de l'établissement public pour quatre ans, dans une interview à l’AFP. Conscient que « ce qui cristallise beaucoup de tensions en ce moment est la question des alternatives aux produits phytosanitaires », ce dernier n’en a pas moins rappelé que « ce n'est pas Inrae qui produit la réglementation ». Et même si l’institut essaye d’être le plus réactif possible pour répondre aux attentes des agriculteurs, sa mission repose sur « des recherches de long terme qui apportent des solutions durables ». 

Des recherches qui vont de la sélection végétale et animale, à la diversification des cultures et des élevages, à la gestion des épidémies, ou encore la stimulation de l’immunité des plantes et des animaux, en passant par l’utilisation raisonnée des approches et technologies fondées sur le numérique ou encore la circularité de l’usage des ressources naturelles… Dans ce cadre, Inrae accueille chaque année plus de 15 000 agriculteurs et futurs agriculteurs sur ses sites d’expérimentation afin de rendre compte de ses travaux. En outre, plus de 100 start-up issues de l’environnement d’Inrae travaillent aujourd’hui dans l’agtech, la foodtech et la greentech.

Des start-up issues d’Inrae

Maelab (modélisation de l’impact des ressources en eau)

Hiphen (phénotypages des cultures)

Sol&Co (optimisation des ressources agronomiques)

Agriodor (phéromones) 

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Profilia (biomolécules)

Mycophyto (champignons symbiotiques)

Lire aussi : Justine Lipuma (Mycophyto) : « Notre savoir-faire repose sur notre capacité à savoir quelle espèce de champignons mycorhiziens est positionnée dans quel type de sol ».

Innofenso (ex AgroInnov) (insectes auxiliaires)

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Evolutive Agronomy (agents de lutte biologique et outil d’aide à la décision)

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Green Impulse (solutions de biocontrôle)

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De la recherche jusqu'à la concrétisation

Vignes : 9 variétés de vignes résistantes au mildiou et à l’oïdium, obtenues par croisements naturels, ont été inscrites au Catalogue officiel français entre 2018 et 2022. Ces variétés ont permis de réduire de plus de 80 %, voire 90 %, les traitements phytosanitaires lors des premières années de leur utilisation (recherches Inrae en partenariat avec l’Institut français de la vigne et du vin).

Cerises : Plusieurs années d’expérimentations menées en laboratoire à Inrae ont permis de qualifier la micro-guêpe Ganapsis kimorum, comme un bon candidat dans la lutte biologique contre la mouche Drosophila suzukii qui dévaste les vergers de cerisiers. Les premiers lâchers ont eu lieu en 2023 en France en périphérie des vergers de production pour réduire les réservoirs de mouches. Un recul de 5 ans permettra de valider cette solution.

Génomique : Depuis 2021, la sélection génomique menée en partenariat avec les instituts techniques agricoles, permet d’éliminer les anomalies porteuses d’effets négatifs sur la santé et le bien-être des animaux, aux conséquences économiques parfois considérables.

Grippe aviaire : En complément de différentes mesures de biosécurité, Inrae a contribué à la démonstration de l’efficacité des vaccins et des protocoles de vaccination pour réduire l’excrétion virale par les animaux. C’est en tenant compte de cette preuve de concept que le ministère de l’Agriculture a mis en application son plan de vaccination contre l’influenza aviaire depuis octobre 2023.

Climat : L’application météo-climat sur mesure AgroMetInfo, est destinée aux agriculteurs et à leurs conseillers, pour évaluer au quotidien les risques climatiques sur une culture et ainsi adapter les choix et itinéraires culturaux.