Abonné

L’UE réfléchit à renforcer son action en faveur des forêts primaires et de la biodiversité

- - 6 min

Dans le cadre d’un Conseil agricole le 14 octobre à Luxembourg, les ministres des États membres se sont exprimés via un échange de vues sur la communication proposée par la Commission européenne en juillet 2019 concernant le renforcement de l’action de l’UE en faveur de la protection et de la restauration des forêts primaires dans le monde. La Commission et la présidence finlandaise du Conseil se félicitant de l’accueil favorable par les États membres des cinq priorités inscrites dans ladite communication.

Pour répondre efficacement aux enjeux posés par la déforestation, la dégradation des forêts et la restauration des forêts de manière durable et responsable, la Commission européenne a présenté en juillet 2019 dans le cadre d’une communication, ses cinq priorités à mettre en œuvre pour les années à venir. Dans un échange de vues avec la Commission et la présidence finlandaise du Conseil, les ministres de l’Agriculture des États membres ont été amenés le 14 octobre à donner leur point de vue quant à la pertinence de ces priorités dans l’atteinte des objectifs fixés par cette communication et à préciser quelles seraient selon eux, les premières décisions à envisager. Dans leur grande majorité, ceux-ci se félicitent à la fois des mesures proposées ainsi que de l’ambition affichée par la Commission.

Les États membres fixent leurs priorités

S’appuyant notamment sur la stratégie forestière de l’UE de 2013 ainsi que sur la stratégie de l’UE pour la biodiversité à l’horizon 2020, la Commission a d’abord fixé comme principale priorité la réduction de l’empreinte de la consommation de l’UE sur les terres et la consommation de produits issus de chaînes d’approvisionnement sans déforestation à l’échelle de l’UE. Sur cet enjeu, nombre d’États membres ont souligné l’impérieuse nécéssité d’une telle mesure. « Nous avons besoin de renforcer nos chaînes d’approvisionnement et sans déforestation à la clé », a indiqué le ministre espagnol, son homologue danois abondant dans ce sens, « par la promotion d’une chaîne agricole n’impliquant aucune déforestation. À cette fin, nous devons être ouverts et prévoir de nouvelles mesures européennes ». La ministre allemande soulignant aussi « l’importance d’établir des normes et systèmes de certification qui contribueraient à identifier et à promouvoir des produits qui n’auraient aucun impact sur la déforestation. Cela impose donc d’analyser et de transformer la chaîne de valeur de certains produits tels que le cacao, l’huile de palme, le café ou encore l’élevage. » Sur ce point, la Commission propose de collaborer activement avec les pays producteurs afin de promouvoir une gestion durable de la forêt et ainsi réconcilier des objectifs à la fois économiques, environnementaux et sociaux.

Une autre priorité soulevée par la Commission est de renforcer la coopération internationale. Sur ce point, les États membres ont été notamment unanimes pour intégrer les dispositions relatives à la conservation et à la gestion durable des forêts dans les prochains accords commerciaux de l’UE. La Commission a également souligné l’importance de promouvoir le financement écologique des forêts. Le ministre italien a précisé que « face à de tels objectifs, il est crucial d’avoir des instruments concrets appuyés par des couvertures financières adaptées ». La dernière priorité proposée par la Commission est de soutenir la disponibilité, la qualité et l’accès à l’information sur les forêts et les chaînes d’approvisionnement en produits de base. Cela sous-tend notamment la construction d’outils de surveillance déjà existants, et la mise en place d’un observatoire européen des forêts. La ministre irlandaise a expliqué que « cet observatoire permettra de mieux gérer nos données disponibles afin d’opérer de meilleurs choix politiques ». Ses homologues espagnols et croates ajoutant que « ces nouvelles informations seront utiles afin que le consommateur puisse faire des choix en toute conscience ».

Une étape opportune

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

restauration
Suivi
Suivre
Commission européenne
Suivi
Suivre

« Les priorités de la nouvelle Commission et le Green Deal européen (neutralité climatique, biodiversité, zones rurales, pollution zéro, économie circulaire) offrent une occasion opportune et pertinente de réfléchir à la manière dont une nouvelle approche stratégique des forêts et du secteur forestier peut effectivement maximiser la contribution des forêts aux engagements fixés dans les orientations politiques de la prochaine Commission présidée par Mme Von der Leyen », a déclaré Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture, lors d’une conférence de presse tenue le même jour. Il précise aussi que « le nouveau cadre stratégique post 2020 pour les forêts dans l’UE sera également nécessaire pour renforcer la gouvernance, la coordination et l’engagement de tous les acteurs, y compris la Commission, les États membres ainsi que toutes les parties prenantes ».

La présidence finlandaise du Conseil devra adopter des conclusions avant la fin de son mandat sur la base de la communication de la Commission et des diverses priorités fixées par les États membres.

(1) Voir n° 3703 du 29/07/2019

Stratégie forestière post 2020 : le Groupe de Visegrad adopte une déclaration

En vue de l’adoption de la prochaine Stratégie forestière de l’UE post 2020, le Groupe de Visegrad (République tchèque, Hongrie, Pologne et Slovaquie), ainsi que la Bulgarie, la Croatie et la Slovénie, ont élaboré conjointement le 4 octobre à Prague, une déclaration sur les forêts, la gestion durable des forêts et l’adaptation aux changements climatiques. Celle-ci a notamment fait l’objet de discussion entre les États membres lors du Conseil agricole le 14 octobre à Luxembourg. Les principales mesures présentées concernent à la fois le développement d’une nouvelle approche innovante dans le but d’adapter les forêts et le secteur forestier au changement climatique ; le renforcement des coopérations internationales et transfrontalières afin d’améliorer l’échange d’informations concernant la propagation transfrontière des ravageurs et des maladies ; d’établir des mesures financières innovantes à l’échelle de l’UE ; de réduire la charge administrative dans le cadre des mesures forestières de l’UE au titre du développement rural ou encore d’assurer un rôle plus important du secteur forestier dans le cadre de la Politique agricole commune. Le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan, a notamment voulu « saluer et remercier le groupe Visegrad des États membres pour l’adoption de leur déclaration commune qui constitue également une contribution utile au débat concernant une éventuelle nouvelle stratégie communautaire post 2020 pour les forêts ».