En visite en Haute-Loire, à l’occasion du rassemblement « Terre attitude 2006 » des Jeunes Agriculteurs, vendredi 8 septembre, le ministre de l’Intérieur et candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, s’est lancé dans une opération séduction auprès du milieu agricole à moins d’un an des élections présidentielles.
Accueilli avec enthousiasme par 3 000 personnes – aux cris de « Sarko président » – le ministre de l’Intérieur a souligné l’importance que représente – « et qu’a de tous temps représenté » – le domaine agricole pour l’économie de la France. Il a rappelé son attachement aux valeurs du monde agricole que sont « le travail, la prise de risque, le courage, l’innovation, la capacité d’adaptation et la solidarité ».
Il s’est indigné des conditions de vie de certains agriculteurs, précisant que « dans la moitié des foyers, le revenu agricole est inférieur au SMIC ! » « Je n’admets pas que des gens qui travaillent aussi dur gagnent aussi peu. Que des gens qui ne prennent pas de vacances et se lèvent à l’aube gagnent la même chose que d’autres à ne rien faire», a t-il poursuivi.
Confiance dans l’avenir de l’agriculture
Dans son intervention, le ministre a donc essentiellement insisté sur sa confiance en l’avenir de l’agriculture française et la nécessité du développement rural, ne voulant pas faire des agriculteurs « des assistés à leur tour» mais des travailleurs capables de vivre de la vente de leurs produits. Au chapitre du développement rural Nicolas Sarkozy s’est interrogé sur sa gestion au niveau communautaire. « Pourquoi par exemple le développement rural devrait-il être géré au niveau communautaire, plutôt qu’au niveau national ? ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour la préférence communautaire, la production de qualité (avec la création de nouvelles AOC), et s’est dit plein d’espoir dans l’essor des biocarburants ou encore des biomatériaux. « Après le siècle de la chimie, celui des communications, le XXIe siècle sera celui des sciences du vivant», a-t-il lancé. Déjà dans son rôle de candidat en pleine campagne électorale, il a exposé son programme pour l’agriculture, souhaitant placer la « chimie verte au cœur de l’ambition industrielle et scientifique de la France ». « Ces technologies ne serviront nul autre pays mieux que la grande puissance agricole que nous sommes », a-t-il ajouté.
Favoriser l’installation
Enfin, il a annoncé le lancement d’une série de mesures, en coopération avec Dominique Bussereau qui s’est rendu sur le site de « Terre Attitude » le 10 septembre, visant à favoriser l’installation de nouveaux exploitants agricoles afin qu’un maximum de départs en retraite soit remplacé. Deux décisions en particulier ont été présentées : d’une part, l’exonération des plus-values pour la cession d’entreprises agricoles, et d’autre part, la défiscalisation de la Dotation Jeune agriculteur (DJA), soit « un abattement qui passera de 50 à 100 % », a précisé Dominique Bussereau dans son discours de dimanche en clôture de « Terre attitude ».
Pour conclure, Nicolas Sarkozy a exprimé sa volonté d’une politique agricole globale et plus volontariste, et a promis de nouvelles propositions dans de brefs délais.