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Vignes : épisode de gel aggravé par le débourrement et l'humidité

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L’épisode de gel qui a sévi en France avec trois nuits de gelées (5-6 avril, 6-7 avril, 7-8 avril) a fait des dégâts sur les vignes qui ont atteint le stade du débourrement (début du cycle végétatif, quand les bourgeons s’ouvrent), dans les régions où l’humidité s’est conjuguée au froid, indiquait-on à l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) le 7 avril. Ce croisement de températures négatives et d’un taux d’humidité en hausse a été constaté en Pays de Loire, Bourgogne, Champagne, Alsace et Jura, du fait des chutes de pluie et de neige le 6 avril. Tout dépend du degré de débourrement, précise-t-on à l’IFV. Ainsi, dans le Jura, le chardonnay, plus précoce que le pinot noir, « a reçu un coup de massue », or il représente 40 % des plantations jurassiennes, témoigne Olivier Badoureaux, directeur du Comité interprofessionnel des vins du Jura (CIVJ).

À Bordeaux, « le gel a durement frappé de vastes zones » de ce vignoble de 111 000 hectares. Les températures « sont parfois descendues au-dessous de -5°C », a indiqué l’interprofession bordelaise. Son président, Bernard Farges, parle de « gel exceptionnel ». Seul le Sud-Est serait épargné pour l’instant.

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Le 8 avril, la Bourgogne comptait les dégâts sur ses vignes. Le thermomètre est descendu à -5,8 degrés dans la plaine de Volnay, -6,5 à Chablis et -7,6 dans l’Auxerrois, a cité Thiebault Huber, président des vignerons bourguignons, le 8 avril. « Le plus surprenant n’est pas le gel d’avril, mais la sortie de plus en plus précoce des bourgeons de leur coton. La dormance de la vigne s’étend sur une période de plus en plus courte ».

Pour la semaine qui vient, la météo prévoit un nouveau refroidissement après un week-end très pluvieux. « Il ne faudrait pas qu’il gèle sur une forte humidité, car cette fois les pinots noirs, jusque-là épargnés, risqueraient d’être emportés », selon Thiebault Huber, comme viennent de l’être les chardonnays.

L’anomalie, c’est le débourrement de plus en plus précoce