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Vin : le syndicat IGP du Val de Loire condamne l’arrachage d’une parcelle

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Le syndicat IGP du Val de Loire a condamné dans un communiqué du 19 juillet l’arrachage d’une parcelle de vigne IGP dont a été victime un viticulteur de Bué, dans le Sancerrois. L’action de vignerons d’AOC, « fortement suspectée », fait ressortir un clivage entre les viticulteurs AOC et les viticulteurs IGP, les premiers estimant que la mixité AOC-IGP exerce une concurrence préjudiciable à moyen terme au vin d’AOC.

« Au nom d’un protectionnisme exacerbé », une parcelle plantée récemment en cépage sauvignon, hors zone d’appellation, par un vigneron à Bué (Cher), dans le Sancerrois, avec des droits IGP, a été arrachée « par des individus qui doivent répondre aujourd’hui d’un acte délictueux », a indiqué le syndicat IGP du Val de Loire. Quelque 5 600 pieds de sauvignon ont ainsi été arrachés. L’action de vignerons d’AOC fait l’objet de « fortes suspicions », d’autant plus que le vigneron avait reçu des menaces précédemment, selon le syndicat.

« Nous sommes loin du déferlement annoncé »

La mixité entre appellations d’origine contrôlée (AOC) et indications géographiques protégées (IGP) « existe tout au long de la Loire » ; elle permet aux vignerons de faire des compléments de gamme et leur donne l’accès à des marchés diversifiés, commente le syndicat. Seulement un hectare d’autorisation nouvelle pour 2016/2017 a été demandé, en IGP, sur le département du Cher, précise-t-il. « Nous sommes loin du déferlement annoncé ». Soucieux d’éviter un débordement des surfaces de vignes IGP, le syndicat IGP du Val de Loire « a pris ses responsabilités et a fait une demande de contingent pour limiter toute extension massive de son potentiel ». « Nous demandons, comme partout ailleurs, que la hiérarchie des signes de qualité soient respectée, y compris dans le département du Cher », a-t-il conclu.

Dans le vignoble du Sancerrois, le sujet du risque de détournement de notoriété est sensible chez les vignerons d’AOC. « Si les gens veulent planter, qu’ils plantent autre chose que du sauvignon ou du pinot noir. Il est trop facile de mettre un vin de pays et un vin AOC dans une même cave », expliquait un viticulteur, lors d’une manifestation de viticulteurs d’AOC, le 23 février devant la préfecture du Cher, à Bourges, cité dans Le Berry Républicain du 18 juillet. Pour les viticulteurs d’AOC, la classification entre les appellations d’origine et les IGP est devenue floue auprès des consommateurs, du fait du régime d’autorisation de plantations mis en place début janvier. La différence de prix, favorable au vin IGP, exerce une concurrence préjudiciable à moyen terme au vin AOC, selon les 300 vignerons d’AOC qui avaient manifesté en février.

VinIGP condamne « l’arrachage sauvage » et appelle à la concertation

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VinIGP, la Confédération nationale des vins IGP, a condamné dans un communiqué le 20 juillet « l’arrachage sauvage et d’ampleur » dont a été victime, ce week-end, un viticulteur de Bué dans le Sancerrois. « Si la tension à l’encontre des producteurs de l’IGP Val de Loire est en effet palpable depuis un certain temps, elle ne saurait justifier de tels comportements délictueux », commente-t-elle. La nouvelle réglementation liée aux autorisations de plantations nouvelles « ne remet pas en cause » le droit de planter des vins de pays avec les cépages sauvignon et pinot noir hors de l’aire d’appellation sancerre, explique l’organisation. Son président, Michel Servage, appelle les responsables professionnels locaux à « œuvrer pour l’apaisement plutôt que d’exacerber les clivages AOC/IGP sur des craintes non encore établies » mais qui doivent être examinées « par la concertation et non en recourant à la violence ».

La mixité entre AOC et IGP permet aux vignerons de faire des compléments de gamme

La Cnaoc plaide pour une évolution des règles de plantation

Suite à l’arrachage sauvage d’une parcelle de vignes IGP à la mi-juillet, la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vins à AOC (Cnaoc) a rappelé dans un communiqué du 21 juillet qu’elle plaide depuis plusieurs mois « pour une évolution des règles communautaires sur la plantation de vignes » afin de « mieux protéger les appellations à forte notoriété ». Elle dénonce depuis plusieurs mois « l’inadaptation des modalités d’application du nouveau régime », notamment pour ces appellations à forte notoriété. Les risques de voir s’implanter à proximité de ces appellations des vignes avec un profil identique (mêmes cépages etc.) « sont grands ». « Bien évidemment, nous ne pouvons pas soutenir cet arrachage sauvage. Mais quand j’entends le vigneron concerné expliquer à France 3 que son objectif est de faire des vins qui soient à l’image de ce qui se fait à Sancerre, cela montre clairement que les inquiétudes exprimées depuis des mois par les vignerons d’AOC du Centre Loire sont justifiées », a affirmé Bernard Farges, le président de la Cnaoc.