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Hervé Salomon : « Les partenaires financiers ont renouvelé leur soutien à Swap pour poursuivre l’industrialisation et le développement commercial. »

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Hervé Salomon est arrivé chez Swap en février dernier en qualité de CEO. Crédits : © Swap

Swap (ex Umiami), le spécialiste des alternatives végétales à la viande, a confirmé le 16 septembre 2025 la nomination d’Hervé Salomon au poste de CEO. Pour mémoire, Swap a été cofondé en 2020 par Tristan Maurel et Martin Habfast, rejoints par Hugo Dupuis et Clémence Pedraza, qui ont tous progressivement quitté la société. Avec plus de 25 ans d’expérience à des postes de direction internationale chez Kraft Foods, Mondelez, Upfield (Flora Food Group) et Pierre Martinet, Hervé Salomon arrive à un moment charnière du développement de l’entreprise. Fort du soutien de ses partenaires financiers, Swap doit maintenant consolider ses positions sur ses marchés en accélérant son expansion à l’international et en poursuivant l’industrialisation de son usine de Duppigheim, en Alsace. Hervé Salomon fait le point sur les prochaines étapes que s’est fixée l’entreprise pour atteindre ses objectifs. 

Vous avez été nommé au poste de CEO de Swap en février dernier, pourquoi n’annoncer votre arrivée que maintenant ? 

Nous avons été assez occupés jusqu’à maintenant, tant sur le plan du refinancement de la société que du développement de l’activité. Nous avons bien avancé et les choses se sont mises en place, le timing est donc parfait pour annoncer mon arrivée. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le montant du refinancement de Swap ? 

Je ne suis pas habilité à communiquer sur ce sujet. Nos investisseurs ont fait le choix, pour différentes raisons, de ne pas communiquer ce montant. 

Mais l’ensemble de nos partenaires financiers, c’est-à-dire les banques et les trois fonds d’investissement qui nous ont suivi, Bpifrance, Astanor Ventures et Newfund, ont renouvelé leur confiance et leur soutien, pas seulement moral, à l’entreprise, pour l’aider à poursuivre l’industrialisation et le développement commercial.

Des informations sur les difficultés de Swap publiées dans la presse en mai dernier évoquaient un besoin en financement de 9 M€ jusqu’à la fin de l’année et de près de 30 M€ jusqu’à fin 2026. Vous confirmez ces chiffres ? 

Je ne veux pas commenter les chiffres, qui lorsqu’ils ont été publiés étaient pour nous un non-évènement puisque nous étions focalisés sur le développement de l’entreprise. Effectivement, comme toutes start-up, Swap a dû faire face à des besoins de refinancement. Le plus important à retenir aujourd’hui, c’est que nous avons le soutien des banques et des fonds d’investissement pour permettre à la société de continuer l’aventure, d’accélérer le développement commercial et de muscler l’outil industriel par des innovations. 

Lire aussi : Umiami lève 32,5 M€ pour accélérer son industrialisation et se lancer aux États-Unis

Sur quoi portent exactement vos missions chez Swap ?

L’entreprise fait face à deux enjeux clairs aujourd’hui, qui entrent dans la mission qui m’a été confiée en février. Le premier porte sur le développement commercial, notamment à l’international, où nous allons accélérer sur les marchés clés de tous les substituts végétaux à la viande, et le second sur le renforcement de notre outil industriel au sein de l’usine de Duppigheim en Alsace, au travers de l’innovation.

Sur le plan commercial, nous allons ainsi nous focaliser sur l’Amérique du Nord et l’Europe, deux marchés qui ensemble représentent 85% du marché des alternatives végétales à la viande dans le monde. Notre but est de calquer notre développement sur celui des marchés les plus porteurs en mettant en place toutes les ressources nécessaires pour trouver des opportunités de croissance. 

Au Canada et aux États-Unis, nous avons développé des accords avec de gros distributeurs que sont Sysco, Gordon Food Service et US Foods, qui nous aident à étendre notre présence sur le marché de la restauration. En Europe, nous avons mis en place de ressources dédiées en Italie et en Angleterre pour poursuivre le développement, et nous allons prochainement annoncer un accord de distribution en Allemagne. Et en France, au-delà des premiers succès du lancement dans la grande distribution dans le cadre de notre partenariat avec Heura Foods, un acteur reconnu du plant-based, nous continuons le développement de toute la partie food-service, notamment via notre présence dans des enseignes reconnues, telles que La Croissanterie, Jour, Popotes…

En quoi consiste ce développement avec Heura Foods ? 

Dans le cadre d’un partenariat de co-branding avec Heura Foods, notre marque apparait depuis avril dernier sur leur packaging dans à peu près 2000 points de vente entre la France et l’Espagne.

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L’installation de cette offre dans la grande distribution se fait progressivement, mais les retours sont très bons, avec des rotations du produit supérieures à la moyenne du rayon, chez Carrefour notamment, ce qui est très encourageant. Ce partenariat s’inscrit dans la durée et nous allons continuer à travailler avec Heura pour développer la distribution et la gamme. 

Et revenons sur le deuxième enjeu de développement de Swap… 

En effet, le but de l’industrialisation vise à muscler notre outil et d’accélérer sur l’innovation. Nous avons un produit génial, avec une qualité très supérieure, des avantages nutritionnels importants et une liste d’ingrédients très courte. Mais pour répondre aux demandes de certains clients, que ce soit en food-service ou en distribution, nous devons proposer une gamme plus variée, d’où notre besoin de travailler sur de l’innovation, seul ou en partenariat avec des industriels.

Lire aussi : Martin Habfast (Umiami) : « L’umisation permet de produire des substituts végétaux texturés sans additifs ni extrusion »

En quoi pouvez-vous encore être innovant sur vos filets de substitut au poulet ?

Nous travaillons sur du poulet sous différents formats en fonction des usages, par exemple le tranché pour les sandwicheries. Ces innovations sur le format, le goût ou les recettes nous ouvriront de nouveaux marchés. Aux États-Unis par exemple, nous avons lancé des sacs de 10 pièces, pour développer la vente sur les sites e-commerce, et avec Heura, un pack de deux. Nous varions non seulement les formats, mais nous sommes également en train de travailler sur des goûts et des présentations différentes pour adapter notre offre et répondre au mieux aux besoins de nos différents clients.

Est-ce que Swap pourrait à terme développer une autre protéine végétale, un substitut à la viande de bœuf ou au poisson ? 

Pour l’instant, nous avons choisi de concentrer nos efforts sur le poulet, qui fait l’unicité de Swap et qui a permis à la société de se lancer. Mais effectivement, notre technologie nous permet définitivement de le faire, et donc d’envisager d’autres applications. Nous ne fermons pas la porte. 

Quels sont vos objectifs en termes de chiffre d’affaires ?

Il est encore trop tôt pour parler chiffres. Ce que je peux vous dire c’est que la société est en fort développement, avec une croissance à trois chiffres cette année et qu’elle a dépassé il y a quelques mois le chiffre d’affaires de l’année dernière. 

Votre site industriel pourra-t-il couvrir ces nombreux développements ? 

Comme cela avait été annoncé lors de la mise en route du site fin 2023, notre ligne a une capacité de production théorique de plus de 7000 tonnes par an. Nous avons encore des développements à faire pour muscler sa productivité. Mais elle offre déjà une belle capacité pour soutenir le développement du business.