Le candidat «anti-système» Javier Milei (ultra libéral d’extrême droite) a remporté, le 19 novembre, les élections présidentielles en Argentine et prendra ses fonctions le 10 décembre. Il a déjà juré que son «gouvernement réduit au minimum tiendra ses promesses de campagne», notamment l’élimination de la Banque centrale de la République argentine et l’adoption du dollar états-unien comme monnaie officielle. Ses autres «idées maîtresses» sont «le respect de la propriété privée et de la liberté de commerce». «L’Argentine traverse une crise critique qui requiert des changements drastiques, sans gradualisme», a-t-il ajouté suite à sa victoire. S'il parvenait à faire adopter ces mesures - ce qui reste hypothétique -, le revenu réel des agriculteurs argentins, issu de la vente de leurs grains, pourrait doubler du seul fait de l’adoption du dollar US pour les transactions d’import-export, et même tripler avec la suppression annoncée des taxes sur les exportations de soja (33%). «Le programme de Javier Milei, pour les agriculteurs, c’est magnifique mais le reste de la société argentine est-elle prête à recevoir ce remède de cheval?» s’interroge Serge Listello, agriculteur français installé au Chaco. Face à ses excentricités et surtout face à l’absence de référent agricole dans son équipe, Javier Milei n’avait jusque-là reçu le soutien que d’une poignée de dirigeants syndicaux agricoles et seulement après le premier tour des élections.
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