Le «procès du siècle» qui tient les peuples autochtones du Brésil en haleine depuis des mois a atteint un tournant le 21 septembre, une majorité des juges de la Cour suprême ayant conforté leur droit à la terre. La majorité a été atteinte jeudi quand un sixième magistrat, sur les onze qui siègent à la plus haute juridiction du pays, a voté contre la thèse du «cadre temporel», lors de ce procès au long cours débuté en août 2021 et suspendu à plusieurs reprises. La thèse du «cadre temporel», défendue par le puissant lobby de l'agro-négoce au nom de la «sécurité juridique», ne reconnaît comme terres revenant de droit aux autochtones que celles qu'ils occupaient ou revendiquaient officiellement au moment de la promulgation de la Constitution en 1988. Mais les autochtones expliquent que certains territoires n'étaient plus occupés par eux à cette époque car ils en avaient été expulsés, notamment sous la dernière dictature militaire (1964-1985). Le jugement final ne sera prononcé qu'à l'issue du vote des trois derniers juges. Mais le vote majoritaire en faveur des indigènes empêche d'ores et déjà qu'un jugement contraire soit rendu.
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