Abonné

Bilan de santé La réorientation des aides Pac pourrait bénéficier à 3 nouveaux secteurs

- - 4 min

À deux semaines de la notification que Paris doit transmettre à Bruxelles à mi-parcours du bilan de santé, trois nouveaux secteurs seraient bénéficiaires de l’article 68 : le tabac, les fourrages déshydratés et les jeunes bovins d’engraissement, indique-t-on de source professionnelle.

Le gouvernement français doit transmettre à Bruxelles avant le 1er août les modifications qu’elle veut apporter au système actuel de réorientation des aides, prévu par l’article 68 du règlement de la Pac. Deux semaines avant cette date, des informations circulent chez les professionnels selon lesquelles trois nouveaux secteurs seraient bénéficiaires de l’article 68 : le tabac, les fourrages déshydratés (luzerne principalement) et les jeunes bovins d’engraissement.
Le secteur du tabac se verrait allouer une somme de 10 millions d’euros, celui des fourrages déshydratés une somme de 8 millions et celui des jeunes bovins d’engraissement une somme de 7 millions.

25 millions d’euros

Les 25 millions d’euros que devraient recevoir ces trois secteurs proviennent, d’après les explications des professionnels, du reliquat de l’enveloppe des soutiens qui peuvent être recouplés. Rappelons que la France a choisi de réaffecter 4,56% des aides de la Pac du premier pilier. Sur ces 4,56%, elle peut affecter 3,5% au recouplage des aides et 1,06% à d’autres actions que le recouplage, comme par exemple l’assurance-récolte. Le reliquat de l’enveloppe en question correspond au plafond de 3,5%.
Interrogée sur la perspective de ce soutien, la Fédération nationale des planteurs de tabac (FNPT) s’est félicitée que les pouvoirs publics aient pris en compte les problèmes spécifiques des producteurs. Depuis la suppression de l’aide aux producteurs en 2010, ceux-ci ont un manque à gagner de 40 millions d’euros par an, a précisé son directeur François Vedel. L’objectif de l’article 68 dans un cas comme celui du tabac est de soutenir des productions fragiles, qui sont un maillon dans l’équilibre des exploitations, de polyculture-élevage notamment, et un maillon dans l’équilibre économique, comme le Périgord, avec notamment le souci de maintenir l’usine de transformation de tabac brut à Sarlat.

Le revers de la médaille

Revers de la médaille, des secteurs comme le lin, le chanvre et la fécule de pommes de terre s’entendent dire au ministère de l’Agriculture qu’ils sont « non prioritaires ». « Nous sommes très demandeurs de cette mesure », a indiqué le 13 juillet à Agra-Presse Jean-Luc Pelletier, délégué général de l’Usipa, la chambre syndicale des amidonniers, au nom des industriels de la fécule. Le secteur de la fécule bénéficie pour la dernière année d’une aide couplée, de 23 millions d’euros.
À partir de 2012, l’aide sera découplée, apportant un soutien indifférencié aux producteurs de grandes cultures. Dès lors, les usines de production de fécule craignent une désaffection des producteurs, s’ils ne sont pas éligibles au recouplage autorisé par l’article 68. « Notre désarroi est d’autant plus grand que nous voyons dans le même temps le principal producteur européen, l’Allemagne, mettre en œuvre les moyens de conserver son leadership dans ce secteur, et le gouvernement chinois miser sur le développement de la fécule de pommes de terre dans le cadre d’une croissance verte », écrit le Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre, dans un courrier envoyé le 12 juillet à Nicolas Sarkozy. La fécule peut être utilisée dans une multitude de bioproduits que la technologie est en train de mettre au point en remplacement de produits de la pétrochimie.
De leur côté, dans un courrier commun adressé au ministre de l’Agriculture le 27 juin, Hubert Brisset, président du Cipalin (l’interprofession du lin) et Daneil Salviac, président d’Interchanvre, son homologue du chanvre, ont mis en avant le fait que leur demande de recouplage « se joue à sommes nulles en termes budgétaires ». Ils soulignent que leurs productions va dans le sens d’une Pac plus écologique, à travers les faibles niveaux d’intrants requis pour ces cultures, et à travers les perspectives qu’elles ouvrent dans le domaine des nouveaux matériaux.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.