Le prix moyen des fruits a augmenté de 4%, tandis que celui des légumes a baissé de 2% entre l'été 2014 et l'été 2015, selon les résultats de l'Observatoire des prix « fruits et légumes » du mouvement Familles rurales, présentés le 19 août.
Sur l'échantillon de seize fruits et légumes étudié (pomme, melon, abricot, cerise, fraise, pêche, nectarine, poire, aubergine, carotte, courgette, haricot vert, poivron, pomme de terre, tomate, salade), les disparités sont fortes. Ainsi, dix produits ont vu leur prix augmenter – la carotte (+22%) et la cerise (+19%) en tête – tandis que six ont subi une baisse, en particulier la pomme de terre (-20%) et la fraise (-11%).
Selon les données relevées par Familles rurales, le prix moyen des fruits a augmenté de 10% (+0,31€) depuis 2007 et celui des légumes de 5% (+0,10€). Sur la même période, la hausse de l'inflation s'élève à 11,4% indique le président de l'organisation, Dominique Marmier.
France vs étranger
Dominique Marmier relève que si le prix moyen des produits étrangers est toujours inférieur à celui des fruits et légumes français, cet écart tend à s'atténuer. « Dans la majorité des cas, il est inférieur ou égal à 10 centimes. Le consommateur peut donc privilégier la production française moyennant quelques centimes de plus seulement ». En 2015, sur les seize produits étudiés, sept sont même moins chers lorsqu'ils proviennent de France (pomme, abricot, poire, carotte, courgette, poivron, salade).
Sur les étals, les « veilleurs » de Familles rurales qui relèvent les prix ont constaté que 30% des produits sont issus de productions étrangères (30,5% en hyper et supermarchés, 35,5% dans les magasins Hard discount et 23,5% sur les marchés). Un chiffre qui évolue finalement assez peu restant généralement depuis 2010 dans une fourchette comprise entre 25 et 30%.
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Hard discount/supermarchés : un écart de prix qui s'amenuise
Sur les prix pratiqués en fonction de la surface de vente, la hiérarchie reste la même depuis le début des relevés de Familles rurales en 2008, avec les marchés en tête, même si les prix y ont baissé de 6% depuis 2013. Suivent les hyper et supermarchés, où les prix sont également en baisse par rapport à 2013 (-11%). Enfin, c'est toujours dans le hard discount que les prix restent les plus faibles, malgré une hausse de 17% depuis 2012. L'écart entre hyper/supermarchés et hard discount est de fait de plus en plus ténu. Un panier comportant 1 kg de chacun des 16 fruits et légumes du panel coûtait 10€ de moins en hard discount qu'en supermarché en 2012 (38€ contre 48,65€). En 2015, l'écart n'est plus que de 1,50€ (44,60€ contre 46,10€).
Les Producteurs de légumes de France (FNSEA) ont adressé une lettre ouverte à Manuel Valls le 25 août pour lui faire part de la « profonde et réelle exaspération, générée par la politique irresponsable des prix bas de la distribution et le sentiment d'abandon que ressentent les producteurs, délaissés par leur ministère». Déplorant des prix inférieurs en 2015 (2,10€/kg) à ceux constatés en 2008 (2,21€/kg) alors que « le SMIC a augmenté de plus de 15,3% » et celui « du gaz naturel […] de plus de 38% », les producteurs de légumes se disent solidaires des actions menées par les éleveurs et participeront aux manifestations des 3 et 7 septembre. Pour Jacques Rouchaussé, président de la section, « c'est le Premier ministre qui a les clés pour résoudre les problèmes qui plombent » les agriculteurs. Les producteurs de légumes semblent en effet las des « annonces » de Stéphane Le Foll qui ne résolvent pas la crise structurelle. « Le problème », explique M. Rouchaussé déplorant les distorsions entre les Etats membres, « c'est qu'on a une Europe monétaire mais pas sociale ».
Les agriculteurs du Modef sont allés à la rencontre des Parisiens à l'occasion de leur traditionnelle vente directe estivale le 20 août dernier. Venus du Lot-et-Garonne, les producteurs ont vendu près de 50 tonnes de fruits et légumes sur 30 points de vente éphémères en Ile-de-France. L'occasion, pour la 9e année consécutive, d'alerter les consommateurs sur la situation préoccupante des producteurs de fruits et légumes. « Près de la moitié d'entre eux sont en difficulté », déplore Raymond Girardi, secrétaire général du Modef. Si les prix à la consommation des fruits ont augmenté en 2015, le Modef estime que les prix producteurs sont en baisse. Le syndicat minoritaire tenait à pratiquer des prix « justes » et vendait par exemple des tomates à 1,50€/kg. « 70 centimes pour un prix rémunérateur au producteur, 20 cts de conditionnement et transport, 60 cts de marge pour les distributeurs », ont-ils expliqué. La preuve selon M. Girardi que « la grande distribution qui vend des tomates à 3€/kg pratique des marges abusives ». À 10h, soit deux heures après l'ouverture de la vente, la quasi totalité des 16 tonnes de marchandises en vente place de la Bastille était déjà écoulée.