Viticulture bio : sans cuivre, c’est coton
Utilisé depuis plus d’un siècle pour protéger les vignes, le cuivre voit son horizon s’assombrir. Après des réductions de doses en 2019, d’importants retraits d’homologation ont été annoncés l’été dernier, qui pourraient s’appliquer l’an prochain – à moins que la justice ne confirme la récente suspension du tribunal administratif de Melun. Cette épée de Damoclès effraie les viticulteurs, car les alternatives font défaut, surtout en bio. D’ailleurs, très peu de producteurs se résolvent à n’utiliser aucun phyto. Un tel système réclame de très bien valoriser le vin pour compenser la très forte chute des rendements. De nouveaux projets de recherche sont lancés. Les travaux sur la prophylaxie, les biosolutions, la génétique laissent entrevoir des solutions pour réduire l’usage du cuivre, mais sans échéance garantie.
La pilule ne passe toujours pas. Des mois après le retrait massif de produits au cuivre, les viticulteurs s’angoissent pour la protection des récoltes. Seules deux AMM (autorisations de mise sur le marché) avaient été maintenues l’été dernier par l’Anses, sur les 34 réexaminées en vigne – avant que la justice remette en selle une partie (lire par ailleurs) le 31 mars. Effroi de la profession, notamment en bio.